Taux d'enfants de 0 à 5 ans ayant une prise en charge active dans l'année
Pour accéder à une donnée plus récente, consultez Enfants ayant une prise en charge par le DPJ. Ces données ne sont pas comparables entre elles.
Données provinciales
Faits saillants
Au Québec, en 2015-2016, 7 214 enfants de 0 à 5 ans font l'objet d'une prise en charge active par les services de protection de la jeunesse, ce qui correspond à 13,5 enfants pris en charge pour 1 000 enfants de 0-5 ans dans la population québécoise. Le taux d'enfants de 0 à 5 ans pris en charge par les services de protection est demeuré relativement stable entre 2009-2010 et 2015-2016, oscillant entre 12,8 et 13,9 enfants pris en charge pour 1 000 enfants de 0 à 5 ans.
Notes importantes
Faits saillants
En 2015-2016, le motif le plus fréquent de prise en charge est le risque sérieux de négligence (5,1 enfants pris en charge pour 1 000 enfants de 0-5 ans dans la population québécoise), suivi par la négligence (3,5 pour 1 000) et les mauvais traitements psychologiques (2,7 pour 1 000). Ce portrait s'observe également pour les années antérieures.
Notes importantes
Les taux d'enfants pris en charge pour l'ensemble du Québec (données provinciales) excluent les enfants pris en charge "Hors province" ou de lieu géographique "Inconnu", à l'exception de l'année 2015-16 (le taux provincial inclut ces deux catégories en 2015-16 uniquement). Il est à noter que ces situations (deux catégories) sont peu prévalentes. Les données régionales présentées pour 2015-16 excluent les enfants pris en charge "Hors province" ou de lieu géographique "Inconnu". Pour cette raison, le total des données régionales de 2015-16 n'est pas exactement le même que le taux provincial présenté pour 2015-16.
Dans le calcul des taux d'enfants bénéficiant d'une prise en charge active durant l'année, les données du numérateur couvrent une période différente de celles du dénominateur (numérateur = enfants de 0-5 ans bénéficiant d'une prise en charge active entre le 1er avril d'une année et le 31 mars de l'année suivante ; dénominateur = nombre d'enfants de 0-5 ans dans la population québécoise au 1er juillet d’une année). Ainsi, le taux d'enfants pris en charge compilé pour une année donnée pourrait être surestimé puisqu'il est calculé à l'aide d'un dénominateur plus petit (population d'enfants de 0-5 ans au 1er juillet) que celui fondé sur l'ensemble des enfants de 0-5 ans ayant vécu au Québec durant l'un des mois allant d'avril d’une année à mars de l’année suivante.
Il convient de ne pas comparer cet indicateur aux taux de signalements reçus/retenus/évalués apparaissant sur le site de l'Observatoire des tout-petits. Puisque les taux sont calculés de manière transversale (et non à partir d'une approche par cohorte d'enfants entrant dans les services de protection) et que la durée des phénomènes observés varie (par ex., une prise en charge a souvent une durée beaucoup plus longue que le traitement ou l’évaluation d’un signalement), les phénomènes de plus longue durée y sont surreprésentés comparativement aux phénomènes de plus courte durée. Ainsi, le taux d’enfants bénéficiant d'une prise en charge active durant l’année inclut des enfants dont la prise en charge a débuté depuis de nombreuses années. Ces enfants contribuent aux taux de chaque année, aussi longtemps que leur prise en charge est active à un moment donné durant l’année.
Données régionales
Faits saillants
Entre 2009-2010 et 2015-2016, certaines régions présentent, en moyenne, des taux d'enfants pris en charge par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) plus élevés que les taux moyens du reste du Québec pendant cette même période. C'est le cas des régions du Bas-St-Laurent, du Saguenay-Lac-St-Jean, de la Mauricie et du Centre-du-Québec, de l'Outaouais, de l'Abitibi-Témiscamingue, de la Côte-Nord, du Nord-du-Québec et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Les régions de l'Estrie, Montréal, Laval, Nunavik et Terres-Cries-de-la-Baie-James présentent, pour leur part, des taux moyens d'enfants pris en charge moins élevés que ceux du reste du Québec pendant cette période. Enfin, cinq régions présentent des taux d'enfants pris en charge similaires aux taux moyens du reste du Québec (Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches, Lanaudière, Laurentides et Montérégie).
On observe le même portrait en 2015-2016, à l'exception de la région des Laurentides qui présente un taux d'enfants pris en charge plus élevé que le taux du reste du Québec et des régions de l'Estrie, de l'Outaouais et du Nord-du-Québec qui présentent, pour leur part, des taux similaires au taux du reste du Québec.
Définition de l’indicateur
Rapport du nombre d'enfants de 0 à 5 ans ayant une prise en charge active dans l'année (selon le motif de prise en charge), au nombre d'enfants de 0 à 5 ans dans la population québécoise pendant la période.
Notes importantes sur la définition
Situations prises en charge par la DPJ : Lorsque la sécurité ou le développement de l'enfant sont jugés compromis après une évaluation approfondie, le directeur de la protection de la jeunesse (DPJ) prend la situation de l'enfant en charge et doit déterminer les mesures à mettre en place pour assurer sa protection et aider ses parents à corriger la situation (MSSS, Direction des communications, 2008, Faire un signalement au DPJ, c'est déjà protéger un enfant : quand et comment signaler? document disponible à l'adresse suivante www.msss.gouv.qc.ca/jeunes). Diverses mesures de protection peuvent s'appliquer selon la situation de l'enfant et de ses parents (par ex., suivi psychosocial, participation du parent à un programme de traitement pour des problèmes de consommation abusive, interdiction de contacts, placement de l'enfant en milieu substitut, etc.).
Prise en charge active : Les données présentées concernent les prises en charge actives à un moment ou à un autre dans l'année concernée (1er avril au 31 mars). Cela réfère à l'ensemble des prises en charge pendant la période, c'est-à-dire : les services de type "Application des mesures" actifs à la date de fin de la période ; les services de type "Application des mesures" fermés pendant la période sauf ceux qui sont fermés en raison d’un transfert inter CJ ; les interventions terminales menées à terme au cours de la période ; les prises en charge décidées dans la période au cours des services de type "Orientation", mais dont le début du service de type "Application des mesures" est postérieur à la date de fin de la période.
Âge des enfants : Il s'agit des enfants âgés de 0 à 5 ans au 31 mars de l'année concernée ou au moment de la fin du service.
Motif de prise en charge : Il s'agit de la problématique documentée lors de la dernière révision ou lors du service de type "Orientation" si aucune révision n'a été effectuée.
Abandon : Les parents d’un enfant sont décédés ou n’assument pas leurs responsabilités, et aucune autre personne ne remplit ce rôle.
Négligence : Les parents d’un enfant ou la personne qui en a la garde ne répondent pas à ses besoins fondamentaux en ne lui assurant pas l’essentiel de ses besoins de base, en ne lui permettant pas de recevoir les soins de santé dont il a besoin, en ne lui fournissant pas la surveillance ou l’encadrement appropriés et en ne prenant pas les moyens nécessaires pour assurer sa scolarisation.
Risque sérieux de négligence : Un enfant encourt un risque sérieux (forte probabilité) d'être victime de négligence.
Mauvais traitements psychologiques : Un enfant subit, de façon grave ou continue, des comportements de la part de ses parents ou d’une autre personne pouvant compromettre sa santé psychologique, et ses parents ne prennent pas les moyens nécessaires pour mettre fin à la situation. Il peut s’agir d’indifférence, de dénigrement, de rejet affectif, de contrôle excessif, d’isolement, de menaces, d’exploitation ou d’exposition à la violence conjugale ou familiale.
Abus sexuel : Un enfant subit des gestes à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, de la part de ses parents ou de la part d’une autre personne, et ses parents ne prennent pas les moyens nécessaires pour mettre fin à la situation.
Risque sérieux d'abus sexuel : Un enfant encourt un risque sérieux (forte probabilité) d'être victime d'abus sexuel.
Abus physique : Un enfant subit des sévices corporels ou est soumis à des méthodes éducatives déraisonnables de la part de ses parents ou de la part d’une autre personne, et ses parents ne prennent pas les moyens nécessaires pour mettre fin à la situation.
Risque sérieux d'abus physique : Un enfant encourt un risque sérieux (forte probabilité) d'être victime d'abus physique.
Troubles de comportement sérieux : Un enfant, de façon grave ou continue, se comporte de manière à porter atteinte à son intégrité physique ou psychologique, ou à celle d’autrui, et ses parents ne prennent pas les moyens nécessaires pour mettre fin à la situation (ou l'enfant, si âgé de 14 ans et plus, s'y oppose).
Quels sont les effets pour les tout-petits?
La maltraitance inclut l’abandon, la négligence, les mauvais traitements physiques et psychologiques ainsi que les abus sexuels.
La négligence traduit des besoins non satisfaits au sein des familles et des communautés. En d’autres termes, elle découle généralement d’une absence de réponse aux besoins d’un enfant, faute de ressources, plutôt que d’abus ou de violence dirigés contre lui. Plus la maltraitance survient tôt, plus ses conséquences sont importantes. Elle peut avoir des effets sur le développement du langage et causer des problèmes d’attention et de mémoire. Sur le plan socioaffectif, la maltraitance peut augmenter les risques de développer de l’anxiété, des comportements dépressifs et une faible estime de soi. Elle peut également être associée à de la colère, à de l’agressivité et à de la difficulté à contrôler ses émotions. En ce qui concerne le développement physique, les bébés ayant été secoués peuvent présenter des modifications de la structure de leur cerveau ainsi que des dommages neurologiques permanents.
De plus, de nombreuses études ont démontré que les expériences vécues durant la petite enfance, comme la maltraitance ou la pauvreté, modifient le cerveau des tout-petits, faisant en sorte que certaines structures sont sous-développées, alors que d’autres sont surdéveloppées.
Les conséquences de la maltraitance durant l’enfance peuvent persister à long terme. En effet, elle est associée à des comportements anxieux et dépressifs, au décrochage scolaire, à l’abus de substances, à des troubles alimentaires, à de la violence dans les relations intimes ainsi qu’à des idées suicidaires.
Références
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