Concomitance annuelle des conduites parentales à caractère violent envers des enfants de 6 mois à 5 ans de la part d’un adulte de la maison
Données provinciales
Faits saillants
Selon l'Enquête sur la violence et la négligence familiales dans la vie des enfants du Québec menée en 2024, 43,2 % des enfants de 6 mois à 5 ans n'ont été victimes d'aucune violence de la part d'un adulte de la maison. Cette proportion est plus élevée qu'en 2018, où elle s'établissait à 27,9 %. 15,2 % des enfants de 6 mois à 5 ans ont été victimes uniquement d'agression psychologique répétée de la part d'un adulte de la maison. Tandis que 8,0 % ont subi à la fois de l'agression psychologique répétée et de la violence physique mineure. Cette proportion est moins élevée que celle de 2018, où elle était de 21,3 %. Enfin, 33,2 % des enfants de 6 mois à 5 ans ont été victimes de combinaisons de conduites violentes regroupées dans la catégorie « Autres ».
Définition de l’indicateur
Répartition d'enfants de 6 mois à 5 ans selon la concomitance des conduites parentales à caractère violent de la part d'un adulte de la maison au cours des 12 derniers mois précédant l'enquête telle que rapportée par la mère
Notes importantes sur la définition
Enfants de 5 ans ou moins : Il s'agit des enfants de 0 à 5 ans en 1999 et en 2004 et de 6 mois à 5 ans en 2012 et 2018 et en 2024.
Catégorie « Autres » inclut les situations suivantes : Agression psychologique répétée et violence physique sévère; Agression psychologique (1 ou 2 fois) uniquement; Violence physique mineure uniquement; Violence physique sévère uniquement; Agression psychologique (1 ou 2 fois) et violence physique mineure; Agression psychologique (1 ou 2 fois) et violence physique sévère; Violence physique mineure et sévère; Agression psychologique (1 ou 2 fois), violence physique mineure et sévère.
Cet indicateur mesure la concomitance entre l’agression psychologique répétée, la violence physique mineure et la violence physique sévère chez l’ensemble des enfants de 5 ans ou moins.
On considère qu’un enfant a subi de l’agression psychologique répétée durant l’année de la part d’un adulte de la maison lorsque sa mère a répondu à au moins une des cinq questions sur cette forme de violence « c’est arrivé de 3 à 5 fois » ou « c’est arrivé 6 fois et plus » ou qu’elle a répondu à au moins trois des questions « c’est arrivé 1 ou 2 fois ».
On considère qu’un enfant a subi de la violence physique mineure durant l’année de la part d’un adulte de la maison lorsque sa mère a répondu « c’est arrivé 1 ou 2 fois », « c’est arrivé de 3 à 5 fois » ou « c’est arrivé 6 fois et plus » à au moins une des quatre questions.
On considère qu’un enfant a subi de la violence physique sévère lorsque sa mère a répondu « c’est arrivé 1 ou 2 fois », « c’est arrivé de 3 à 5 fois » ou « c’est arrivé 6 fois et plus » à au moins une des huit questions.
Les enfants sont ensuite classés dans l’une des cinq catégories suivantes selon la combinaison des formes de conduites dont ils ont été victimes : « Aucune forme »; « Agression psychologique répétée uniquement »; « Agression psychologique répétée et violence physique mineure »; « Agression psychologique répétée, violence physique mineure et violence physique sévère »; « Autres combinaisons ».
Quels sont les effets pour les tout-petits?
Les enfants d’âge préscolaire sont les plus souvent touchés par les conduites parentales à caractère violent, qu’elles soient mineures ou sévères.
Les risques d’escalade entre la violence mineure et sévère sont aussi élevés; les enfants soumis à des punitions corporelles sont de deux à dix fois plus à risque de subir également de la violence physique sévère, et ce, même en bas âge. De nombreuses études longitudinales ont aussi montré la présence de liens entre les conduites parentales à caractère violent, dont les punitions corporelles, et les problèmes de développement des enfants. Ces conduites sont notamment associées aux comportements agressifs et antisociaux ultérieurs de l’enfant, à une plus faible internalisation des valeurs morales, à des problèmes de santé mentale ainsi qu’à une altération de la qualité de la relation parent-enfant. Bien que les effets de ces pratiques à caractère violent sur le développement des enfants se fassent davantage sentir à l’âge scolaire et à l’adolescence, quelques études montrent que les enfants soumis aux fessées dès l’âge de deux ans sont deux fois plus à risque que ceux non soumis à ces pratiques de développer des problèmes émotionnels et comportementaux à l’âge de quatre ans. En outre, la trajectoire développementale des enfants d’âge préscolaire est étroitement et négativement liée aux difficultés parentales et familiales qui génèrent un stress, souvent elles-mêmes à l’origine des conduites coercitives à leur endroit.
Références
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