Prévalence annuelle de la violence physique sévère envers des enfants de 5 ans ou moins de la part d’un adulte de la maison
Données provinciales
Faits saillants
Selon l'Enquête sur la violence et la négligence familiales dans la vie des enfants du Québec menée en 2024, 2,1 %* des enfants de 0 à 5 ans ont été victimes de violence physique sévère au moins une fois au cours de l’année précédant l’enquête.
Notes importantes
Il s'agit des enfants de 0 à 5 ans en 1999 et 2004 et de 6 mois à 5 ans en 2012, 2018 et en 2024.
Faits saillants
Selon l'Enquête sur la violence et la négligence familiales dans la vie des enfants du Québec menée en 2024, 2,1 %* des enfants de 0 à 5 ans ont été victimes de violence physique sévère au moins une fois au cours de l’année précédant l’enquête.
Notes importantes
Il s'agit des enfants de 0 à 5 ans en 1999 et 2004 et de 6 mois à 5 ans en 2012, 2018 et en 2024.
Définition de l’indicateur
La violence physique sévère englobe les comportements de nature physique commis par un adulte du ménage qui comportent un risque élevé de blessure pour l’enfant. L'indicateur mesure la proportion d’enfants âgés de 0 à 5 ans ayant subi de la violence physique sévère de la part d’un adulte de la maison au cours des 12 derniers mois telle que rapportée par la mère.
Notes importantes sur la définition
Enfants âgés de 5 ans ou moins : Il s'agit des enfants âgés de 0 à 5 ans en 1999 et 2004 et de 6 mois à 5 ans en 2012, 2018 et 2024.
Enfants âgés de 2 ans ou moins : Il s'agit des enfants âgés de 0 à 2 ans en 1999 et 2004 et de 6 mois à 2 ans en 2012, 2018 et 2024.
Cet indicateur est obtenu à partir des questions portant sur la fréquence des comportements suivants d'un adulte de la maison envers l'enfant au cours des 12 derniers mois :
- Secouer ou brasser l’enfant (de moins de 2 ans)1
- Frapper les fesses de l'enfant avec un objet comme une ceinture, un bâton ou un autre objet dur.
- Donner un coup de poing ou un coup de pied à l'enfant
- Saisir l'enfant par le cou et lui serrer la gorge
- Donner une raclée à l'enfant, c'est-à-dire le frapper de plusieurs coups et de toutes ses forces.
- Frapper l'enfant ailleurs que sur les fesses avec un objet comme une ceinture, un bâton ou un autre objet dur
- Lancer l'enfant ou le jeter par terre
- Donner à l'enfant une claque au visage, sur la tête ou sur les oreilles.
On considère qu’un enfant a subi de la violence physique sévère, lorsque sa mère a répondu « c’est arrivé 1 ou 2 fois », « c’est arrivé de 3 à 5 fois » ou « c’est arrivé 6 fois et plus » à au moins une des huit questions.
1Cette question entre dans la construction de l’indicateur de violence physique sévère seulement chez les enfants de moins de 2 ans. Pour les enfants de plus de 2 ans, c'est considéré comme de la violence physique mineure.
Un adulte de la maison fait référence à tous les adultes, c’est-à-dire qu’il peut s’agir du parent répondant ou un autre adulte, ou encore d’un grand frère ou d’une grande sœur de 18 ans et plus.
Quels sont les effets pour les tout-petits?
Les enfants d’âge préscolaire sont les plus souvent touchés par les conduites parentales à caractère violent, qu’elles soient mineures ou sévères.
Les risques d’escalade entre la violence mineure et sévère sont aussi élevés; les enfants soumis à des punitions corporelles sont de deux à dix fois plus à risque de subir également de la violence physique sévère, et ce, même en bas âge. De nombreuses études longitudinales ont aussi montré la présence de liens entre les conduites parentales à caractère violent, dont les punitions corporelles, et les problèmes de développement des enfants. Ces conduites sont notamment associées aux comportements agressifs et antisociaux ultérieurs de l’enfant, à une plus faible internalisation des valeurs morales, à des problèmes de santé mentale ainsi qu’à une altération de la qualité de la relation parent-enfant. Bien que les effets de ces pratiques à caractère violent sur le développement des enfants se fassent davantage sentir à l’âge scolaire et à l’adolescence, quelques études montrent que les enfants soumis aux fessées dès l’âge de deux ans sont deux fois plus à risque que ceux non soumis à ces pratiques de développer des problèmes émotionnels et comportementaux à l’âge de quatre ans. En outre, la trajectoire développementale des enfants d’âge préscolaire est étroitement et négativement liée aux difficultés parentales et familiales qui génèrent un stress, souvent elles-mêmes à l’origine des conduites coercitives à leur endroit.
Références
Campbell, S. B., Shaw, D. S., et Gilliom, M. (2000). Early externalizing behavior problems : Toodlers and preschoolers at risk for later maladjustment. Development and Psychopathology, 12, 467-488.
Clément, M.-È., Bernèche, F., Chaberland, C., et Fontaine, C. (2013). La violence familiale dans la vie des enfants du Québec, 2012. Les attitudes et parentales et les pratiques familiales. Québec : Institut de la Statistique du Québec.
Ferguson, C. J. (2013). Spanking, corporal punishment ans negative long term outcomes : A meta-analytic review of longitudinal studies. Clinical Psychology Review, 33, 196-208
Gershoff, E. T. (2002). Corporal punishment by parents and associated child behaviors and experiences : A meta-analytic and theoritical review. Psychological Bulletin, 128(4), 539-579.
Lee, S. J., Grogan-Kaylor, A., et Berger, L. M. (2014). Parental spanking of 1-year-old children and subsequent child protective services involvement. Child Abuse & Neglect, 38(5), 875-883. doi:10.1016/j.chiabu.2014.01.018
Paolucci, E. O., et Violato, C. (2004). A meta-analysis of the published research on the affective, cognitive, and behavioral effects of corporal punishment. Journal of Psychology, 138(3), 197-221.
Scott, S., Lewsey, L., Thompson, L., et Wilson, P. (2013). Early parental physical punishment and emotional and behavioural outcomes in preeschool children. Child : Care, Health and Development, 40(3), 337-345.