Proportion des enfants de 6 mois à 5 ans qui ont été exposés à la violence entre partenaires intimes, selon les antécédents de violence et de négligence du parent durant l'enfance
Données provinciales
Faits saillants
Selon l'Enquête sur la violence et la négligence familiales dans la vie des enfants du Québec menée en 2024, selon les mères, la proportion d'enfants de 6 mois à 5 ans exposés à la violence entre partenaires intimes est plus élevée lorsqu'elles ont elles-mêmes des antécédents de maltraitance durant l'enfance. Cette proportion s'établit à 27,5 % si la mère a subi de la violence parentale (contre 12,1 % si elle n'en a pas subi), à 32,1 % si elle a été témoin de violence entre partenaires intimes (contre 14,3 %), et à 31,8 % si elle a subi de la négligence parentale (contre 18,9 %).
Une tendance similaire s'observe selon les pères. La proportion d'enfants de 6 mois à 5 ans exposés à la violence entre partenaires intimes s'élève à 19,7 % si le père a subi de la violence parentale durant son enfance (contre 10,4 %), et à 24,9 % s'il a été témoin de violence entre partenaires intimes (contre 11,8 %). Enfin, si le père a subi de la négligence parentale, cette proportion s'établit à environ 25,9 %* (contre 14,5 %).
Définition de l’indicateur
Exposition des enfants à la violence entre partenaires intimes selon les antécédents de violence ou de négligence vécus par le parent durant sa propre enfance, telle que rapportée par les mères et les pères : violence psychologique (être menacé(e), humilié(e) ou ridiculisé(e), violence physique (avoir reçu la fessée, ou avoir été frappé plus durement qu'une fessée), exposition à la violence entre partenaires intimes (psychologique ou physique) et négligence vécue par le parent avant l'âge de 18 ans.
Notes importantes sur la définition
Les résultats selon le point de vue des mères sont représentatifs de l’ensemble des enfants de 6 mois à 5 ans. Les résultats selon le point de vue des pères sont représentatifs des enfants vivant avec leur père (avec ou sans leur mère). Dans ces deux cas, il est question d’enfants pouvant faire partie de familles biparentales, monoparentales, recomposées ou autres.
Quels sont les effets pour les tout-petits?
Dans la population générale, les enfants d’âge préscolaire sont particulièrement à risque d’être exposés aux conduites à caractère violent entre conjoints qui surviennent dans la famille.
Tout comme pour les enfants plus âgés, les tout-petits exposés aux conduites à caractère violent entre conjoints sont susceptibles de développer divers troubles internalisés (ex. : dépression, anxiété) et externalisés (troubles de la conduite, agressivité), et ce, peu importe la forme de violence conjugale à laquelle ils sont exposés. Par contre, ils se montrent plus vulnérables au stress post-traumatique que les enfants plus âgés. De plus, il semble que plus l’exposition survient tôt dans la vie de l’enfant, plus les impacts sont importants sur les risques éventuels de décrochage scolaire et d’agressivité dans les relations avec les pairs, la fratrie et les figures d’autorité. Certaines études montrent par ailleurs que la qualité de la relation entre le parent et l’enfant d’âge préscolaire, et particulièrement avec la mère, offre une protection contre les impacts négatifs de l’exposition aux conduites à caractère violent entre conjoints. En retour, l’attachement parent-enfant et les pratiques parentales positives ne sont pas toujours faciles dans les situations de violence conjugale et sont étroitement affectés par les conditions de vie des familles et l’absence de soutien social.
Références
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