Taux d'enfants de 0 à 5 ans ayant une prise en charge active au 31 mars, selon le milieu de vie
Pour accéder à une donnée plus récente, consultez Prise en charge par le DPJ selon le milieu de vie. Ces données ne sont pas comparables entre elles.
Données provinciales
Faits saillants
Au Québec, au 31 mars 2015, 1 978 enfants de 0 à 5 ans pris en charge par la Direction de la protection de la jeunesse faisaient l'objet d'un placement, ce qui représente 3,7 enfants placés pour 1 000 enfants de 0 à 5 ans dans la population québécoise.
Le taux d'enfants placés a peu varié entre 2010 et 2015, oscillant entre 3,6 et 3,8 enfants placés pour 1 000 enfants 0 à 5 ans. Les enfants faisant l'objet d'un placement sont plus nombreux à être placés dans une famille d'accueil (ressource de type familiale - RTF) que dans d'autres milieux de vie. Pendant cette même période, le taux d'enfants pris en charge par la Direction de la protection de la jeunesse et suivis dans leur milieu familial est demeuré lui aussi relativement stable, oscillant entre 4,7 et 5,5 pour 1 000 enfants de 0 à 5 ans. Entre 2010 et 2015, le taux d'enfants 0 à 5 ans suivis dans leur milieu familial est supérieur au taux d'enfants placés.
Notes importantes
Dans le calcul des taux d'enfants pris en charge faisant ou non l'objet d'un placement, les données du numérateur couvrent une période différente de celles du dénominateur (numérateur = enfants de 0 à 5 ans pris en charge faisant ou non l'objet d'un placement au 31 mars d'une année ; dénominateur = nombre d'enfants de 0 à 5 ans dans la population québécoise au 1er juillet d’une année). Ainsi, les taux compilés pour une année donnée pourraient être légèrement surestimés puisqu'ils sont calculés à l'aide d'un dénominateur plus petit (population d'enfants de 0 à 5 ans au 1er juillet) que celui fondé sur l'ensemble des enfants de 0 à 5 ans ayant vécu au Québec durant l'un des mois allant d'avril d’une année à mars de l’année suivante. Cependant, l'impact est minime.
Il convient de ne pas comparer cet indicateur aux taux de signalements reçus/retenus/évalués apparaissant sur le site de l'Observatoire des tout-petits. Puisque les taux sont calculés de manière transversale (et non à partir d'une approche par cohorte d'enfants entrant dans les services de protection) et que la durée des phénomènes observés varie (par ex., un placement a souvent une durée beaucoup plus longue que le traitement ou l’évaluation d’un signalement), les phénomènes de plus longue durée y sont surreprésentés comparativement aux phénomènes de plus courte durée. Ainsi, par exemple, le taux d’enfants faisant l'objet d'un placement durant l’année inclut des enfants dont le placement a débuté depuis de nombreuses années. Ces enfants contribuent aux taux de chaque année, aussi longtemps que leur placement est actif à la fin de la période (au 31 mars).
Données régionales
Faits saillants
Certains territoires de centre jeunesse présentent, en moyenne, des taux d'enfants pris en charge par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) faisant l'objet d'un placement supérieurs aux taux moyens du reste du Québec, entre le 31 mars 2010 et le 31 mars 2016. C'est le cas des territoires de la Mauricie et Centre-du-Québec, de l'Abitibi-Témiscamingue, de la Côte-Nord et de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. Les territoires de centre jeunesse de Chaudière-Appalaches et Laval présentent, pour leur part, des taux moyens d'enfants pris en charge et placés inférieurs à ceux reste du Québec pendant cette même période. Neuf territoires de centre jeunesse présentent des taux moyens d'enfants placés similaires aux taux moyens du reste du Québec (Bas-St-Laurent, Saguenay–Lac-St-Jean, Québec, Estrie, Montréal et famille Batshaw, Outaouais, Lanaudière, Laurentides et Montérégie).
On observe le même phénomène régional quant aux taux d'enfants placés précisément au 31 mars 2016, sauf pour cinq territoires de centre jeunesse (Saguenay–Lac-St-Jean et Estrie présentent des taux d'enfants placés supérieurs à celui du reste du Québec ; Outaouais et Montérégie présentent des taux inférieurs à celui du reste du Québec et, enfin, Chaudière-Appalaches présente un taux d'enfants placés similaire à celui du reste du Québec).
Définition de l’indicateur
Rapport du nombre d'enfants de moins de 6 ans ayant une prise en charge active au 31 mars de l'année concernée, selon qu'ils font ou non l'objet d'un placement (enfants faisant l'objet d'un placement/enfants suivis dans leur milieu familial) au 31 mars de l'année concernée, au nombre total d'enfants de moins de 6 ans dans la population québécoise.
Notes importantes sur la définition
Il s'agit des enfants différents qui ont un service "Application des mesures" actif à la fin de la période (par ex., au 31 mars 2010, au 31 mars 2011, etc.). L'application des mesures est un service qui a pour objectif d'appliquer les mesures de protection dans le cadre d'un régime volontaire ou judiciaire. L'intervenant de ce service est la personne autorisée par le Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ) pour prendre en charge la situation d'un enfant dont la sécurité ou le développement est compromis (Cadre normatif du système d'information clientèle, Projet intégration Jeunesse - PIJ, MSSS).
Enfants suivis dans leur milieu familial : Il s'agit des enfants dont la situation (sécurité ou développement compromis) est prise en charge par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) et qui sont suivis dans leur milieu familial (enfants qui ne font pas l'objet d'un placement), au 31 mars de l'année concernée.
Enfants faisant l'objet d'un placement : Il s'agit des enfants dont la situation (sécurité ou développement compromis) est prise en charge par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) et qui font l'objet d'un placement (retrait de leur milieu familial), au 31 mars de l'année concernée. Ces enfants peuvent être confiés à une ressource de type familial - RTF (famille d'accueil) ou à d'autres milieux (il peut s'agir d'un tiers significatif*, d'un centre de réadaptation en centre jeunesse incluant les foyers de groupe, d'une ressource intermédiaire ou d'autres ressources - par ex., ressources d'hébergement autres que famille d'accueil ou centre de réadaptation). *Depuis le 1er février 2015, en vertu des nouvelles orientations législatives, des tiers significatifs peuvent être reconnus à titre de famille d'accueil de proximité.
Les données présentées incluent les placements provisoires effectués une fois l'application des mesures débutée. Elles n'incluent pas les mesures de protection immédiates.
Âge des enfants : Il s'agit des enfants âgés de 0 à 5 ans au 31 mars de l'année concernée.
Quels sont les effets pour les tout-petits?
La maltraitance inclut l’abandon, la négligence, les mauvais traitements physiques et psychologiques ainsi que les abus sexuels.
La négligence traduit des besoins non satisfaits au sein des familles et des communautés. En d’autres termes, elle découle généralement d’une absence de réponse aux besoins d’un enfant, faute de ressources, plutôt que d’abus ou de violence dirigés contre lui. Plus la maltraitance survient tôt, plus ses conséquences sont importantes. Elle peut avoir des effets sur le développement du langage et causer des problèmes d’attention et de mémoire. Sur le plan socioaffectif, la maltraitance peut augmenter les risques de développer de l’anxiété, des comportements dépressifs et une faible estime de soi. Elle peut également être associée à de la colère, à de l’agressivité et à de la difficulté à contrôler ses émotions. En ce qui concerne le développement physique, les bébés ayant été secoués peuvent présenter des modifications de la structure de leur cerveau ainsi que des dommages neurologiques permanents.
De plus, de nombreuses études ont démontré que les expériences vécues durant la petite enfance, comme la maltraitance ou la pauvreté, modifient le cerveau des tout-petits, faisant en sorte que certaines structures sont sous-développées, alors que d’autres sont surdéveloppées.
Les conséquences de la maltraitance durant l’enfance peuvent persister à long terme. En effet, elle est associée à des comportements anxieux et dépressifs, au décrochage scolaire, à l’abus de substances, à des troubles alimentaires, à de la violence dans les relations intimes ainsi qu’à des idées suicidaires.
Références
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