Observatoire des tout-petits

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13 juin 2021

Mille et une façons d'être père en 2021

Le point
Par Kathleen Couillard

La paternité a beaucoup changé dans les dernières décennies. Les pères sont de plus en plus engagés auprès de leurs enfants et ils sont nombreux à s’éloigner du modèle traditionnel. Voici quelques statistiques sur les différents visages des papas d’aujourd’hui.

Selon des données américaines, les pères d’aujourd’hui sont de plus en plus actifs pour prendre soin de leurs enfants. La paternité fait partie de leur identité et ils sont beaucoup plus impliqués dans les soins des enfants qu’il y a 50 ans. Malgré cela, plusieurs d’entre eux ont encore l’impression de ne pas en faire assez.

La paternité à un âge plus avancé

Selon des données américaines, l’âge des pères est en augmentation depuis les années 1970. Une tendance similaire a été observée dans plusieurs autres pays. Selon les experts, les hommes plus éduqués seraient plus nombreux à avoir un premier enfant à un âge plus avancé.  Ces pères pourraient avoir choisi de retarder la paternité en fonction de leurs objectifs de carrière ou de ceux de leur conjointe

Pères et monoparentalité

Selon des données du ministère de la Famille, la monoparentalité est plus présente au Québec depuis une dizaine d’années. De plus, le nombre de pères qui dirigent une famille monoparentale a augmenté entre 2006 et 2016.

Pères et immigration

Selon le ministère de la Famille, la proportion des familles avec enfants mineurs comprenant au moins un enfant d’âge préscolaire est plus élevée chez les familles immigrantes que chez les familles natives du Canada. En effet, la proportion de pères nés au Canada qui avaient au moins un enfant de 5 ans et mois est de 17%. 

Aussi, selon des données de l’Institut de la statistique du Québec, les pères nés à l’extérieur du Canada sont plus nombreux à avoir un jeune enfant à la maison.

Pères et familles recomposées

« Pour certains enfants, la séparation des parents n’est que la première étape dans un parcours mouvementé. Ainsi, 32% des jeunes suivis dans le cadre de [l’ELDEQ] avaient vécu à un moment ou à un autre avec un beau-parent. » - Hélène Desrosiers, Karine Tétreault et Amélie Ducharme

Pères et homoparentalité

Selon le ministère de la Famille, « les familles homoparentales sont de plus en plus nombreuses au Québec ». Entre 2006 et 2016, leur nombre aurait doublé. Cette tendance pourrait indiquer « une plus grande acceptation sociale de l’homosexualité ». Il s’agit toutefois d’une minorité de familles homoparentales qui sont dirigées par deux hommes.

Selon le ministère de la Famille, «près de la moitié des familles homoparentales comptent un enfant de moins de 5 ans. (...) On observe plus souvent des enfants d’âge préscolaire dans les familles dirigées par deux mères que dans les familles comprenant deux pères».

Être père à la maison

Selon des données américaines, la proportion de pères qui demeurent à la maison dans le but de prendre soin de leurs enfants est en augmentation. En 2016, 24% des pères à la maison disaient l’être spécifiquement pour cette raison. Cette proportion était d’à peine 4% en 1989.

Comment les pères vivent-ils leur paternité aujourd'hui?

Les pères québécois sont nombreux à qualifier leur expérience de paternité comme positive. Malgré tout, certains peuvent vivre des difficultés et sentir le besoin d’être soutenus et valorisés.

Une expérience positive

«De façon générale, les pères se déclarent très satisfaits de leur expérience en lien avec la paternité. Celle-ci leur procure davantage de fierté et de satisfaction que de plaisir.» - Extrait du rapport de Substance stratégies

Recours au Régime québécois d'assurance parentale

59 206 pères ont eu recours au Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) en 2018. En 2006, c’était 38 269 pères qui y avaient eu recours.

«L’écart entre le nombre de mères qui se sont prévalues du RQAP et le nombre de pères s’est réduit depuis 2006.» - Extrait du Portrait des tout-petits 2019

Plus de stress lié à la conciliation des obligations familiales et extrafamiliales

Selon notre Portrait des politiques publiques, un parent affecté par le stress serait plus à risque de se désengager à l’égard de son enfant. Sous l’emprise du stress chronique, le parent peut développer une perception négative de la relation avec son enfant, des difficultés à gérer ses propres émotions, des problèmes à percevoir et à répondre adéquatement aux signaux de détresse de son enfant et un manque de confiance en ses habiletés parentales.

«Les hommes sont généralement plus réticents à chercher de l’aide pour des problèmes de santé mentale; ces problèmes sont donc plus difficiles à repérer pour les professionnels de la santé et des services sociaux.» - Pascale Tremblay et Émilie Côté, extrait de Santé mentale. Le portail d’information prénatale. Gouvernement du Québec, 2014.

Valorisation du rôle de père

Selon le Portrait des tout-petits 2019, développer des programmes et des services de soutien à la parentalité ciblant précisément les hommes les aide à jouer plus activement leur rôle parental, et ce, dès la grossesse. Valoriser et encourager la prise d’un congé de paternité prolongé permet également d’aider les pères à jouer un rôle parental plus actif.

Soutien social

Selon l’Institut de la statistique du Québec, la principale source de soutien des parents est généralement les parents et les beaux-parents des parents dans une famille.

«Soulignons que ce sont les grands-parents maternels qui semblent être une source de soutien plus fréquemment disponible chez les familles. En effet, les femmes sont proportionnellement plus nombreuses que les hommes à déclarer pouvoir toujours compter sur leurs propres parents.» - Amélie Lavoie et Catherine Fontaine, Institut de la statistique du Québec

Sources 

DESROSIERS, Hélène, et Karine TÉTREAULT, avec la collaboration d’Amélie DURCHARME (2018). « Les trajectoires familiales diversifiées des jeunes nés au Québec à la fin des années 1990 », Portraits et trajectoires, [En ligne], no 23, septembre, Institut de la statistique du Québec, p. 1-20.

Khandwala, Y. S. et collaborateurs. The age of fathers in the USA is rising: an analysis of 168 867 480 births from 1972 to 2015. Human Reproduction, Volume 32, Issue 10, October 2017, Pages 2110–2116

LAVOIE, Amélie et Catherine FONTAINE (2016). Mieux connaître la parentalité au Québec. Un portrait à partir de l’Enquête québécoise sur l’expérience des parents d’enfants de 0 à 5 ans 2015, Québec, Institut de la statistique du Québec, 258 p.

Livingston, Gretchen and Kim Parker. 8 facts about American dads. Pew Research Center, June 12th 2019

Ministère de la Famille (2016), «Les familles homoparentales québécoises : qui sont-elles? Un portrait statistique à partir des données du Recensement du Canada de 2016», Quelle famille ?, volume 7, numéro 2, 11 pages.

Ministère de la Famille (2018), «Caractéristiques et évolutions récentes des familles au Québec. Ce que révèlent les données du recensement de 2016», Bulletin Quelle famille?, volume 6, numéro 2, 17 pages.

Ministère de la Famille (2020), « Les familles immigrantes et mixtes au Québec : un portrait statistique à partir du Recensement de 2016», Bulletin Quelle famille ?, volume 7, numéro 1, 17 pages

Observatoire des tout-petits (2019). Dans quels environnements grandissent les tout-petits du Québec ? Portrait 2019. Montréal, Québec : Fondation Lucie et André Chagnon.

Pew Research Center analysis of 1990 and 2017 Current Population Survey Annual Social and Economic Supplements (IUPMS)

SOM. Sondage sur la coparentalité. Juillet 2020

Substance stratégies. La paternité au Québec: un état des lieux, 2018

Tremblay, Pascale et Émilie Côté. Santé mentale. Le portail d’information prénatale. Gouvernement du Québec, 2014.

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