Observatoire des tout-petits

2 juin 2022

Deux projets pilotes pour des services de garde éducatifs à horaires atypiques

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	Deux projets pilotes pour des services de garde éducatifs à horaires atypiques

Le gouvernement de la Coalition Avenir Québec a annoncé, en mai dernier, la création de deux projets pilotes qui visent à offrir des services de garde éducatifs à l’enfance à horaires atypiques. Cet investissement de 45 millions de dollars répartis sur trois ans a pour objectif d’améliorer le service pour les parents qui travaillent le soir, la nuit ou la fin de semaine. Ces projets pilotes s’inscrivent dans le cadre du Grand chantier pour les familles, un plan d’action pour compléter le réseau des services éducatifs à l’enfance présenté en octobre 2021.

 
Une vaste étude pour constater les besoins

L’annonce fait suite à la réalisation d’une étude de marché auprès de plusieurs secteurs d’activité particulièrement touchés par la réalité des horaires atypiques. L’étude avait pour but de mieux cerner le besoin en matière de services de garde éducatifs à l’enfance pour les parents aux horaires atypiques.

Le ministère de la Famille a constaté, entre autres, que :

  • Les emplois ayant un horaire atypique sont omniprésents dans les secteurs de l’agriculture, l’industrie manufacturière, le commerce de détail, la santé, la restauration et l’hébergement.
  • Pour 40% des entreprises issues de ces secteurs, l'absence de services de garde ayant un horaire atypique est un enjeu important pour leurs employés.
  • Les besoins pour ce type de services de garde éducatifs sont variés (temps partiel, de soir et de fin de semaine).
  • 29 % des parents ont été obligés d'accepter une entente de services de garde qui excède leurs besoins.
  • La présence de services de garde au sein ou à proximité de l’entreprise favoriserait le recrutement, la rétention et la réduction du taux d’absentéisme du personnel.

 
Deux projets qui explorent de nouvelles pratiques

Le premier projet pilote vise à explorer les différentes avenues de collaboration possibles entre les milieux de travail et les services de garde en milieu familial ou en installation.

Le deuxième projet pilote a pour objectif de faciliter la conciliation famille-travail-études chez les parents-étudiants. Cette mesure permettra aux organismes à but non lucratif d’offrir des activités de halte-garderie dans les cégeps et les universités.

Les organismes communautaires pourront aussi élargir leur offre en matière de garde occasionnelle, temporaire ou à horaire atypique grâce à la bonification du Programme de soutien financier aux activités de halte-garderie communautaire.

 
Plusieurs changements administratifs sont aussi prévus :

  • Des ajustements aux dispositions réglementaires qui tiennent compte de la réalité de la garde en soirée ou la nuit
  • L’intégration aux nouvelles conventions collectives d’une prime de 4 % du taux horaire des éducatrices et éducateurs travaillant entre 18h30 et 6h30 ainsi que la fin de semaine
  • Une plus grande flexibilité des règles d’occupation
  • Une nouvelle fonctionnalité sur le site du guichet unique La Place 0-5 pour permettre un repérage plus précis, rapide et facile des places
« Nous croyons que tous les enfants, sans exception, devraient pouvoir avoir accès à un service de garde éducatif, peu importe l’occupation de leurs parents, afin qu’ils puissent développer leur plein potentiel. » - Mathieu Lacombe, ministre de la Famille
Une semaine nationale pour souligner le travail des éducatrices et valoriser la profession
 
Le ministre de la Famille a aussi annoncé, le 27 mai, que la première édition de la Semaine nationale des éducatrices et éducateurs de la petite enfance allait avoir lieu du 24 au 30 octobre 2022. Cette semaine se déroulera ensuite annuellement à travers le Québec la dernière semaine du mois d’octobre. Cette initiative s’inscrit aussi dans le cadre du Grand chantier pour les familles et vise à reconnaître le travail, les compétences et l’engagement de ceux et celles qui travaillent quotidiennement auprès des tout-petits.

 
La conciliation famille-travail-études et le développement des tout-petits

Selon le Portrait des politiques publiques 2021 : que fait-on au Québec pour les tout-petits et leur famille?, la difficulté à concilier les obligations professionnelles et les responsabilités familiales peut avoir des répercussions sur les pratiques parentales. Par exemple, un niveau élevé de conflits famille-travail diminue la disponibilité psychologique du parent pour son enfant et réduit la probabilité que le parent fasse des activités avec son enfant, ce qui stimule son développement. Les parents qui vivent de tels conflits peuvent être plus irritables, moins chaleureux et moins constants avec leurs enfants.

Des études ont montré que les conflits famille-travail étaient associés à un moins bon contrôle des émotions et du comportement chez les tout-petits. Des problèmes comme l’anxiété, la dépression, le non-respect des règles et les comportements agressifs ont également été observés. Les répercussions seraient encore plus grandes lorsque les deux parents vivent de tels conflits.
 

L’accès à des services éducatifs de qualité et le développement des tout-petits

Toujours selon le Portrait des politiques publiques 2021, les services éducatifs de qualité peuvent avoir une influence sur plusieurs sphères du développement de l’enfant et peuvent présenter des bénéfices à long terme. Ils peuvent aussi faire en sorte que les enfants de familles à faible revenu soient moins susceptibles d’être vulnérables sur le plan de leur développement.

Retrouvez cette infographie à la page 93 de notre Portrait des politiques publiques

 

Pour aller plus loin

Lire le cahier de directive des projets pilotes

Lire le communiqué

Lire sur la conciliation famille-travail chez les parents aux horaires atypiques

 

Par Elise Tardif-Turcotte