Observatoire des tout-petits

	L’Observatoire des tout-petits dresse un premier Portrait des politiques publiques au Québec
27 avril 2021

L’Observatoire des tout-petits dresse un premier Portrait des politiques publiques au Québec

COMMUNIQUÉ DE PRESSE


Montréal, 27 avril 2021 –
L’Observatoire des tout-petits a diffusé ce matin, une première au Québec, le Portrait Que faisons-nous pour nos tout-petits et leur famille au Québec?, résultat d'une collaboration avec une soixantaine d'experts en petite enfance. Ce Portrait présente une recension des principales politiques publiques[1] municipales, provinciales et fédérales qui peuvent contribuer à améliorer les conditions de vie et le développement des tout-petits.

« Ce nouveau Portrait de l’Observatoire des tout-petits démontre qu’il existe au Québec plusieurs politiques publiques qui peuvent avoir des répercussions positives sur les conditions de vie et le développement des tout-petits ainsi que sur la qualité de vie de leurs familles. À l’aube du dépôt du rapport de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, rappelons que plusieurs facteurs de risque de la maltraitance perdurent au Québec et ont été exacerbés par la pandémie. Il devient donc plus que jamais essentiel que nos politiques soient non seulement maintenues, mais surtout, mises en œuvre de façon optimale et adaptées aux nouvelles réalités », soutient Fannie Dagenais, directrice de l’Observatoire des tout-petits.

Certaines politiques mises en œuvre au Québec visent directement le bien-être ou le développement de l’enfant, alors que d’autres visent à soutenir leurs parents ou à améliorer les conditions de vie des familles. Des études démontrent bien comment certaines d’entre elles ont eu des répercussions tangibles sur les conditions de vie des familles et des tout-petits. Par exemple, en 1995, alors que le congé de paternité n’existait pas encore, 4,2 % des pères utilisaient une portion du congé parental. En 2017, 80 % des pères ont utilisé le congé parental, leur permettant ainsi de développer leur compétence parentale et d'avoir une présence significative auprès de leur enfant pendant sa première année de vie. Au milieu des années 1990, seulement 20 % des enfants de 0 à 4 ans avaient accès à une place subventionnée dans un service de garde éducatif à l’enfance. En 2019, c’était le cas pour 60,5 % des enfants. Il s’agit d’une bonne nouvelle, considérant que la fréquentation d’un service éducatif de qualité pendant la petite enfance favorise l’égalité des chances et peut réduire l’écart dans les résultats scolaires entre les enfants issus de milieux défavorisés et ceux provenant de la classe moyenne. Le déploiement du réseau québécois des services de garde a aussi fait augmenter le taux de participation des femmes au marché du travail, ce qui a pu contribuer à la diminution de la proportion des tout-petits vivant dans des familles à faible revenu.

Toutefois, les politiques publiques prises individuellement ne peuvent suffire. C’est la somme des politiques, cohérentes entre elles et actualisées dans une vision intégrée tenant compte du continuum de développement de l’enfant, qui est la plus susceptible d’assurer l’égalité des chances aux tout-petits du Québec. Le Portrait met aussi en lumière l’importance de la collaboration entre les différents paliers gouvernementaux, de même que celle d’impliquer d’autres acteurs que les décideurs politiques, comme les employeurs, les organisations communautaires et les organisations à but non lucratif.

Des défis restent à relever

Le Portrait permet aussi de constater que des défis demeurent, notamment en ce qui a trait à la mise en œuvre de certaines politiques publiques. Par exemple, certains programmes ne tiennent pas suffisamment compte des barrières d’accès qui empêchent des familles vulnérables de bénéficier des services qui ont pourtant été déployés pour elles.  Les barrières d’accès aux services seraient particulièrement importantes chez les familles vivant de la pauvreté, les familles des communautés autochtones, les parents d’enfants avec des besoins particuliers et les enfants issus de l’immigration. Par exemple, 40 % des parents d’enfants ayant un handicap ou une incapacité ont eu recours au réseau privé pour obtenir le rapport du professionnel requis dans le cadre de la demande d’Allocation pour l’Intégration d’un enfant handicapé, car ils ne parvenaient pas à avoir accès aux services dans le réseau public. De plus, parmi les 597 484 personnes qui figuraient en 2019 sur la liste d’attente du guichet d’accès aux médecins de famille, 185 237 étaient considérées comme vulnérables, une catégorie qui inclut les femmes enceintes et les enfants de 0 à 2 ans.

Il ressort également de ce Portrait que nous disposons de peu de connaissances scientifiques concernant la mise en œuvre des politiques publiques et leurs impacts sur le développement des tout-petits. Pourtant, il est essentiel de pouvoir compter sur de telles connaissances pour permettre à la société québécoise de prioriser les politiques les plus efficaces et d’optimiser la mise en œuvre de celles-ci.

Il est possible de faire mieux

En plus de dresser un état de situation, ce Portrait recense des exemples d’initiatives d’ici ou d’ailleurs qui peuvent devenir des sources d’inspiration et nourrir la réflexion pour améliorer nos politiques.

Par exemple, en Australie, l’adoption en 2009 du Fair Work Act donne aux parents de jeunes enfants le droit de demander des arrangements flexibles au travail, ce qui peut réduire leur stress.

De plus, dans certains pays européens, les logements sociaux sont beaucoup plus développés. En effet, au Danemark, les logements sociaux représentent 20 % du marché immobilier danois alors que cette proportion est d’environ 4 % au Québec. D’autres pays, comme l’Autriche, protègent des intérêts privés une grande proportion de logements sociaux sur leur territoire. La ville de Vienne est d’ailleurs l’une des rares capitales d’Europe à ne pas connaître de crise majeure du logement. Il s’agit d’une piste intéressante à considérer alors qu’on sait que l’inabordabilité des logements, vécue par les familles, est associée à une plus grande vulnérabilité sur le plan du développement chez l’enfant.

Des inégalités qui persistent

De manière générale, le Portrait révèle que malgré les nombreuses politiques publiques en place au Québec, des inégalités persistent. À titre d’exemple, 1 famille sur 10 avec au moins un tout-petit vit encore de l’insécurité alimentaire, 13,6 % des familles habitent dans un logement non abordable et 12 % habitent dans un logement de taille insuffisante. De plus, au mois de novembre 2019, 46 000 enfants attendaient toujours une place dans le réseau des services de garde.Cette inégalité des chances se reflète d’ailleurs dans les résultats de l’Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle 2017, qui rapporte qu’un peu plus de 1 enfant sur 4 est vulnérable dans au moins un domaine de développement à son entrée à la maternelle. Cette proportion atteint 1 enfant sur 3 dans les milieux défavorisés.

Selon un récent sondage Léger réalisé à l’été 2020, 90 % des Québécois jugent qu’il est important que les gouvernements investissent davantage pour favoriser le bien-être et le développement des tout-petits.

« Durant l’année 2020, la crise de la COVID-19 a accentué la précarité de la situation économique de plusieurs familles et les effets risquent d’être ressentis pendant plusieurs années. Il est donc primordial pour la société québécoise de prioriser les politiques les plus efficaces et d’optimiser la mise en œuvre de celles-ci afin de contribuer à améliorer les conditions de vie des familles et le développement des tout-petits », ajoute Fannie Dagenais.

À propos de l’Observatoire des tout-petits 

L’Observatoire des tout-petits, un projet de la Fondation Lucie et André Chagnon, a pour mission de communiquer l’état des connaissances afin d’éclairer la prise de décision en matière de petite enfance au Québec, afin que chaque tout-petit ait accès aux conditions qui assurent le développement de son plein potentiel, peu importe le milieu où il naît et grandit.

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Source : Observatoire des tout-petits

Renseignements :

Béatrice Gougeon

Morin Relations Publiques

beatrice@morinrp.com

514 688-3936 (cell.)

 

[1] Par politiques publiques, on entend ici des actions stratégiques que les gouvernements posent afin d’atténuer certains enjeux  de société (la pauvreté par exemple) ou afin d’accentuer des phénomènes jugés souhaitables (comme l’adoption de saines habitudes de vie).

Pour une demande d’entrevue ou d’information, les médias peuvent communiquer avec :

Béatrice Gougeon
Morin Relations Publiques
Beatrice@morinrp.com
514 688-3936

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