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	COVID-19 : bien loger les familles vulnérables
21 avril 2020

COVID-19 : bien loger les familles vulnérables

Le Québec est plongé dans la crise de la COVID-19 depuis maintenant plusieurs semaines et personne n’avait imaginé ce que nous allions traverser. Nous faisons ainsi face à l’inconnu. Nous savons toutefois qu’une frange de la population est très à risque en ce moment : les tout-petits. Pas en raison du virus, mais plutôt en raison des stress vécus par les adultes qui en prennent soin. Aujourd’hui, nous abordons la problématique du logement.

Selon le Portrait 2019 de l’Observatoire des tout-petits, 13,6 % des familles avec au moins un enfant de 0 à 5 ans consacraient plus de 30 % de leur revenu au logement et 12,0 % habitaient dans un logement de taille insuffisante. « Si, dans un contexte normal, un nombre non négligeable de personnes ne parvient pas à couvrir ses besoins de bases et assurer son droit au logement, la crise actuelle renforce davantage la vulnérabilité de ces personnes », s’inquiète le Réseau québécois des OSBL d’habitation.

Un sondage Léger publié le 24 mars révèle que 21 % des Canadiens croient que la crise actuelle aura un impact direct sur leur capacité à payer leur hypothèque ou leur loyer. Par ailleurs, selon un autre sondage réalisé auprès des propriétaires et gestionnaires de logements locatifs du Québec, 46 % des propriétaires de logements n’avaient pas encore reçu tous leurs loyers du mois en date du 6 avril.

Selon le Réseau québécois des OSBL d’habitation, les mesures pour lutter contre la pandémie causent du stress et des risques accrus pour les personnes mal logées. L’organisme souligne que le confinement au domicile peut représenter un risque pour certaines familles, par exemple dans le cas d’un ménage comportant un conjoint ou des parents violents.

Lorsqu’une famille consacre une proportion importante de son revenu au logement, cela a pour effet de réduire sa capacité à répondre à d’autres besoins essentiels tels que se nourrir. D’ailleurs, selon certaines études, le coût élevé du logement accentue non seulement le risque d’insécurité alimentaire, mais aussi de stress dans la famille. Cela peut ensuite influencer négativement le développement des tout-petits et augmenter la fréquence des troubles intellectuels, des problèmes de langage ou des difficultés sociales ou affectives.

D’autres études ont également démontré un lien entre les caractéristiques d’un logement (ex. : bruit, surpeuplement, nombreux va-et-vient) et certains aspects de la parentalité, comme la façon dont le parent s’adresse à son enfant, sa sensibilité pour répondre aux besoins du tout-petit et son sentiment d’être compétent comme parent.

Soutenir les familles mal logées

« Évidemment, les gouvernements, notre rôle premier, dans la crise actuelle, c’est de s’assurer que tout le monde a assez d’argent pour manger, pour se loger », soulignait le premier ministre François Legault dans son point de presse du 25 mars dernier. Les différents paliers de gouvernement ont ainsi mis en place des mesures pour venir en aide aux familles qui ont connu une perte de revenu. De plus, le premier ministre québécois a demandé aux propriétaires d’être compréhensifs devant les retards de paiement de loyers.

Selon la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec, c’est d’ailleurs 72 % des propriétaires qui ont pris une entente avec au moins un de leurs locataires dont le loyer d’avril était impayé après une semaine, afin de les aider à traverser cette période difficile. Aussi, pour protéger les locataires, la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation a annoncé que la Régie du logement suspendait ses audiences et ses expulsions tant et aussi longtemps que l’état d’urgence sanitaire sera décrété.

Certains organismes communautaires peuvent également venir en aide aux familles qui éprouvent des difficultés de logement. Par exemple, l’organisme Centraide et son réseau s’efforcent d’assurer les besoins de bases essentiels des personnes vulnérables, notamment en matière de logement. D’ailleurs, le Réseau québécois des OSBL d’habitation insiste sur l’importance de soutenir adéquatement les organismes qui œuvrent dans le secteur du logement. Notamment, le Réseau suggère la création dans les villes touchées d’un comité réunissant des experts et des organisations du domaine ayant pour mandat d’identifier en temps réel les enjeux afin de mettre rapidement en place des solutions adaptées à chacune des situations.

Enfin, l’Office municipal d’habitation de Montréal a développé une page d’informations pour les locataires des HLM et dresse la liste de leurs recours s’ils éprouvent des difficultés de paiements. L’organisme rappelle aussi qu’en vertu du Règlement sur les conditions de location des logements à loyer modique, les locataires des HLM qui subissent une diminution de revenu peuvent demander une réduction de loyer.

Kathleen Couillard

 

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