Observatoire des tout-petits

7 avril 2022

Services à la petite enfance au Québec : qu’en pensent les parents anglophones ?

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	Services à la petite enfance au Québec : qu’en pensent les parents anglophones ?

Est-ce que les services de soutien aux parents et à la petite enfance en anglais sont difficiles à trouver au Québec ? Quelles sont les préoccupations des parents d’expression anglaise lorsqu’ils reçoivent des services en français ? Est-ce que la langue des services est importante pour eux ?

Voilà quelques-unes des questions auxquelles le Réseau communautaire de santé et de services sociaux (CHSSN) a tenté de répondre lors d’un sondage mené au printemps 2021 auprès de parents d’expression anglaise vivant au Québec.

Le profil des répondants

Les résultats du sondage dressent un portrait général des familles québécoises d’expression anglaise qui va à l’encontre de l’idée répandue voulant qu’elles vivent majoritairement à Montréal et avec un revenu familial au-dessus de la moyenne.

Voici un aperçu du profil des répondants :

  • 38 % sont nés hors Québec ;
  • 50 % habitent à l’extérieur du Grand Montréal ;
  • 20 % ont un revenu familial inférieur à 50 000 $ ;
  • 45 % ont une langue maternelle autre que l’anglais.

Les faits saillants du sondage

Plusieurs grandes conclusions ressortent du sondage. En voici quelques-unes :

  • Recevoir des services de soutien aux parents et à la petite enfance en anglais est important pour plus de 95 % des répondants, en particulier pour les services spécialisés (p. ex. : développement du langage, difficultés émotionnelles, troubles neurologiques, difficultés physiques) ou en présence de facteurs de vulnérabilité supplémentaires (p. ex. : unilinguisme, faible niveau de scolarité, bas revenu).

  • Un pourcentage élevé de répondants (62 %) indiquait qu’il y a peu de services en anglais dans leur région.

  • Les principales préoccupations des parents anglophones par rapport à l’absence de services en anglais pour leur enfant sont :
      • de se retrouver dans une communauté non accueillante (58 %) ;
      • que leur enfant soit incompris (52 %) ;
      • de ne pas comprendre des renseignements importants ou que leur enfant ne comprenne pas ce qui lui est demandé (48 %).
  • Quelque 60 % des parents ont eu de la difficulté à trouver une place dans un service de garde pour leur enfant, et ce, indépendamment de la langue des services. Cela a eu un impact sur la capacité à travailler de 65 % d’entre eux, une situation qui touche plus particulièrement les femmes.

  • De nombreux répondants ont indiqué qu’ils ont davantage besoin de services depuis le début de la pandémie (45 %) et aussi qu’il est important d’offrir des services et des programmes destinés aux pères (96 %).

En somme, ces résultats documentent bien l'existence de problèmes d’accès aux services à la petite enfance pour les parents d’expression anglaise. 

 

Le sondage a été mené en ligne du 28 mai au 30 juin 2021 auprès de 1 737 parents anglophones d’enfants de 0 à 12 ans résidant au Québec. Les résultats du sondage ont été présentés le 19 novembre 2021 par le CHSSN lors d’un événement virtuel à l’occasion de la Grande semaine des tout-petits.

 

Pour aller plus loin

Consulter la fiche synthèse et les résultats du sondage

En savoir plus sur le CHSSN

En complément - Lire les faits saillants du rapport de l'Institut de la statistique du Québec sur Les enfants d’expression anglaise et la vulnérabilité à la maternelle

 

Par Amélie Cournoyer