Observatoire des tout-petits

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26 mai 2020

Commission Laurent : 5 témoignages à réécouter

Entendu

Voici quelques témoignages marquants entendus la commission Laurent.

Nancy Audet 

Victime de négligence ainsi que de violence physique et psychologique dès son plus jeune âge, Nancy Audet avait 5 ans lorsqu’elle a fait l’objet d’un signalement anonyme à la DPJ. Après un bref passage en famille d’accueil, elle est retournée vivre dans sa famille biologique jusqu’à l’adolescence, où les sévices se sont poursuivis. Elle avait des idées suicidaires et a développé des troubles de comportement. Avec du recul, elle déplore le manque de suivi de son dossier par la DPJ et de soutien psychologique tout au long de son parcours. Elle explique que ce sont les liens significatifs qu’elle a créés à l’époque qui lui ont sauvé la vie.

« Je crois qu’il est maintenant temps de passer à l’action et de changer un système qui ne fonctionne pas et qui ne répond pas adéquatement aux besoins de ces enfants, de nos enfants. »

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Christiane Guay et Lisa Ellington

Les chercheuses universitaires en travail social Christiane Guay et Lisa Ellington expliquent pourquoi l’autodétermination en matière de protection de la jeunesse est l’option la plus prometteuse pour les peuples autochtones du Québec. Elles abordent brièvement les options d’autonomie, et leurs obstacles, grâce à la Loi concernant les enfants, les jeunes et les familles des Premières Nations, des Inuits et des Métis (nouvelle loi C-92). Elles recommandent notamment un soutien financier pour le développement de lois et de systèmes distincts, conçus en fonction des réalités propres à chaque nation et à chaque communauté.

« Le Québec pourrait donner l’exemple et devenir un chef de file en faisant siennes les normes minimales qui sont proposées dans la loi C-92 et profiter, en collaboration avec les peuples autochtones, de cette occasion-là pour les bonifier. »

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En complément : Constant Awashish, Alice Cleary, Pierre Blais et Me Annie Neashish

Présentation du Système d’intervention d’autorité Atikamekw (SIAA), qui fait l’objet d’une entente avec le gouvernement du Québec depuis 2018 pour être appliqué indépendamment de la DPJ. Le Conseil de la Nation Atikamekw est la première nation autochtone du Québec à être responsable de la protection de la jeunesse dans ses communautés. Le succès du SIAA montre l’importance de l’autodétermination des peuples autochtones du Québec.

« Le but de notre intervention […] est de démontrer que notre système fonctionne bien et, a un côté humain qui pourrait bénéficier non seulement aux Premières Nations, mais également à l’ensemble des Québécois. »

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DYvon Gauthier

Le pédopsychiatre et fondateur de la Clinique de l’attachement du CHU Sainte-Justine, Dr Yvon Gauthier, met de l’avant la théorie de l’attachement, des études longitudinales sur le sujet et son expérience clinique pour confirmer que les enfants peuvent créer un lien d’attachement significatif avec des adultes autres que leurs parents biologiques, comme leurs parents d’accueil. Il mentionne également l’importance du projet de vie pour l’enfant pris en charge par la DPJ afin d’assurer la permanence et la continuité du lien d’attachement, et ainsi contribuer à son bon développement.

« On a maintenant des corrélations statistiques très précises qui nous montrent que ce qui se passe sur le plan de l’attachement (sécurité, insécurité) au cours des deux ou trois premières années est ce qui prédit le devenir de ces enfants-là à l'âge adulte. »

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 Julie Nantel 

Julie Nantel, infirmière, a travaillé pendant sept ans dans des centres de réadaptation, dans trois régions différentes. Durant toutes ces années, elle a décrié des problématiques qui l'inquiétaient grandement dans la prestation des services de santé auprès des jeunes hébergés et qui l’ont menée à démissionner par dépit. Elle revient sur le rôle de l’infirmière en centre de réadaptation pour exposer les failles du réseau et formuler quelques recommandations pour améliorer la situation.

« Le manque de personnel infirmier de façon continue dans les centres de réadaptation amène les éducateurs à vouloir pallier cette lacune en prodiguant eux-mêmes des soins. Cela est également un enjeu majeur pour assurer un suivi personnalisé et des soins de qualité dans le respect des droits des usagers. »

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Garine Papazian-Zohrabian 

La professeure agrégée au Département de psychopédagogie et d’andragogie de l’Université de Montréal, et responsable de l’Équipe de recherche interdisciplinaire sur les familles réfugiées et demandeuses d’asile, Garine Papazian-Zohrabian, constate une grande méconnaissance des problèmatiques éprouvées par les jeunes immigrants et leur famille de la part des différents acteurs du milieu scolaire. Elle rappelle que la migration ébranle la santé mentale en général et que les deuils et traumatismes vécus par les enfants peuvent nuire à leurs apprentissages, voire entraîner des troubles d’adaptation et de comportement. Selon elle, les approches cliniques en intervention scolaire ne sont pas adaptées aux réalités des jeunes immigrants.

« Malheureusement, les approches qui sont trop présentes dans nos écoles sont : l’approche médicale, l’approche neuropsychologique et l’approche cognitivo-comportementale, qui sont de très bonnes approches en soi, mais qui ne sont pas suffisantes pour comprendre tous les phénomènes psychologiques, tous les phénomènes humains. »

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En complément : Nico Trocmé  

Le directeur du Centre de recherche sur l’enfance et la famille de l’Université McGill présente une série de recommandations en cinq points en matière de prévention : le défi des commissions d’enquête, surtout celles créées à la suite d’une mort d’enfant ; la difficile distinction entre la protection et le bien-être de l’enfant; l’importance de maintenir une concomitance entre les services préventifs spécialisés ; la formation et le soutien des travailleurs sociaux et des intervenants de la protection de la jeunesse ainsi que le processus d’utilisation des données et les risques liés à leur utilisation hors contexte.

« On a tendance à penser la maltraitance comme étant un continuum qui va en s’empirant : de famille à risque, à négligence, à abus, tandis qu’en réalité, c’est un mélange de problématiques qui s’entrecoupent. Alors, on a besoin de penser aux services, non pas comme un continuum qui va de la prévention aux services spécialisés, mais comme une combinaison de services soutenus par la protection de la jeunesse. »

Écouter l’audience 

 

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