Observatoire des tout-petits

Quelles sont les attentes des familles envers leur municipalité?

Selon l’UNICEF, les gouvernements locaux sont les instances politiques les plus proches de la vie des enfants et des familles. En effet, les municipalités ont les compétences et les pouvoirs pour influencer directement la qualité de vie des familles, grâce à des mesures dans des secteurs aussi variés que les loisirs, les transports, la sécurité publique et l’habitation.

Avec l’aide de Léger, nous sommes allés à la rencontre de centaines de parents de tout-petits issus de plusieurs régions du Québec, afin de connaître quelles sont leurs attentes, leurs besoins et leurs préoccupations à l’égard de leurs élus municipaux.

Les données présentées proviennent d’un sondage populationnel réalisé par la firme Léger du 2 février au 15 mars 2021, auprès de 1001 parents québécois.

Télécharger les résultats du sondage

Faits saillants

Quelles sont les attentes des familles à l’égard de leur municipalité?

De façon générale, les parents reconnaissent les efforts des municipalités pour améliorer leur qualité de vie.

  • En effet, 70% des parents savent que leur municipalité offre des activités pour les jeunes enfants et pour les familles.

Ils estiment toutefois que des défis restent à relever.

  • En effet, 43 % des répondants affirment que leur municipalité en fait peu pour favoriser le bien-être et le développement de leur enfant de 0 à 5 ans.

Les parents ont identifié trois priorités sur lesquelles leur municipalité devrait se pencher pour améliorer leurs conditions de vie et celles de leurs tout-petits :

Priorité 1

Des lieux publics et des parcs sécuritaires et adaptés

59 % des parents souhaitent que leur municipalité favorise l’accès à des lieux publics et à des parcs, sécuritaires et adaptés, aux enfants de 0-5 ans.

Les municipalités peuvent agir!
  • L’arrondissement de Verdun a décidé d’abolir un règlement sur les nuisances, qui empêchait les enfants de jouer dans la rue.
  • La Ville de Beloeil en Montérégie a mis en place le projet « Dans ma rue, on joue », qui vise à encourager le jeu libre en toute sécurité dans ses rues résidentielles pour les enfants. Lorsqu’une rue est officiellement désignée comme espace de jeu libre, une nouvelle signalisation est installée pour diminuer la vitesse maximale permise à 30 km/h. De plus, les résidents de la rue doivent s’engager à respecter un certain code de conduite (jeu permis exclusivement de 7 h à 21 h, surveillance des parents, pratiques sécuritaires, etc.)
  • Quatre municipalités de la MRC de Bellechasse ont mis en place une politique de partage d’infrastructures sportives. Cette politique leur permet d’offrir davantage de possibilités d’activités sportives aux jeunes familles, qui tendent à quitter les régions pour les milieux urbains où les services sont plus nombreux. Les quatre municipalités ont développé un réseau de sentiers pédestres qui les connecte entre elles et ont aussi lancé une ligue intermunicipale de hockey. Un camp de jour commun pour les enfants a aussi été mis sur pied.
  • La ville de Victoriaville a créé des « parcours ludiques » qui guident les enfants de manière amusante afin de les motiver à marcher pour se rendre en classe. Ce projet pilote visait à baliser les déplacements des enfants et à améliorer leur sécurité.

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Aménagement d’un parc : créer des espaces actifs pour tous / Formation gratuite

Priorité 2

Des services de garde éducatifs de qualité

56 % des parents souhaitent que leur municipalité favorise l’accès à des services de garde éducatifs de qualité.

53 % des répondants affirment d’ailleurs que leur municipalité n’en fait pas assez pour favoriser l’accès à des services de garde éducatifs de qualité.

Les municipalités peuvent agir!

Le maire de la municipalité de Saint-Côme dans Lanaudière a constaté que sa communauté avait besoin d’un CPE puisqu’elle connaissait un petit boom démographique. Le maire contacte donc la direction générale du CPE La chenille, qui possède déjà deux installations à Saint-Donat et à Chertsey, pour discuter de l’implantation d’une nouvelle installation à Saint-Côme. Sous la direction du maire, des responsables de services de garde éducatifs en milieux familiaux, l’école du village, la commission scolaire et le CLSC s’impliquent dans le projet. La municipalité investit 950 000 $ pour l’implantation de ce nouveau CPE. D’autres partenaires investissent aussi dans le projet : le CPE La chenille, la caisse populaire et le centre local de développement. Le nouveau CPE a ouvert ses portes en janvier 2014 et a immédiatement affiché complet.

L’arrondissement d’Anjou a vu apparaître plusieurs garderies dans de petits centres commerciaux. Les aires de jeux extérieurs se trouvent alors installées au milieu de zones de stationnement, ce qui constitue un enjeu pour la sécurité des tout-petits. L’arrondissement a donc adopté un règlement exigeant qu’un plan d’implantation et d’intégration architecturale soit déposé et approuvé par le conseil d’arrondissement avant la délivrance d’un permis. Ce nouveau règlement a permis d’assurer que les tout-petits profiteront d’un aménagement paysager et géographique favorable à l’activité physique dans un endroit sécuritaire et bien adapté. Ce règlement a ainsi favorisé la qualité des lieux.

Le conseil exécutif de la ville de Terrebonne a adopté des principes directeurs afin de guider l’examen des projets de CPE et de garderies qui leur sont soumis. Les promoteurs doivent maintenant présenter leur projet sous forme de plan d’affaires et s’assurer qu’il respecte les cinq principes directeurs de la ville de Terrebonne :

  • Milieu de vie agréable et stimulant pour les enfants
  • Compatible et harmonieux avec son environnement
  • Autonome sur le plan du stationnement et de la cour extérieure
  • Sécuritaire à tous les niveaux
  • Facilement accessible par le transport actif et collectif

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Éducation par la nature pour les tout-petits

Priorité 3

Du soutien pour les organismes communautaires

49 % des parents souhaitent que leur municipalité soutienne les organismes communautaires qui œuvrent auprès des familles.

Les municipalités peuvent agir!
  • La municipalité d’Hébertville-Station soutient financièrement l’organisme La Cigogne et lui offre des locaux gratuits. Cet organisme propose des activités éducatives animées par une éducatrice spécialisée pour les enfants âgés de 2 ans et demi à 5 ans. En plus de permettre la tenue d’activités favorables au développement des tout-petits, l’offre de locaux gratuits à des organismes peut permettre de revitaliser certains quartiers ou certaines installations municipales désertées.
  • La municipalité d’Henryville mise sur la participation citoyenne et le travail de collaboration avec différents organismes pour améliorer les activités et les services offerts aux familles. La municipalité collabore, entre autres, avec Chemin d’API, ressources concertées périnatalité et petite enfance, une table de concertation d’organismes communautaires et d’autres partenaires du Haut-Richelieu.

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Soutenir les organismes œuvrant à la sécurité alimentaire

Les logements abordables et de qualité :
un enjeu important pour les familles

61 % des répondants sont d’avis que leur municipalité n’en fait pas assez pour favoriser l’accès à des logements abordables et de qualité.

Les municipalités peuvent agir!
  • À Gatineau, en Outaouais, le Mimosa du Quartier offre depuis 2015 des logements en location à des femmes victimes de violence conjugale ou qui vivent dans la pauvreté. Des intervenants sur place les soutiennent également pour les aider à améliorer leurs habitudes de vie familiale et à favoriser le développement psychosocial des enfants.
  • La ville de Lévis fait partie de Concertation logement Lévis, qui réunit une vingtaine d’organismes ayant à cœur le développement de logements sociaux et communautaires qui travaillent ensemble afin de trouver des solutions aux problématiques de logement. Le groupe a mis en place le portail logislevis.com qui recense l’ensemble de l’offre de logements sociaux et communautaires à Lévis, une première au Québec.
  • La ville de Laval et son office municipal d’habitation réalisent actuellement la première phase de la revitalisation des Immeubles Val-Martin, un complexe de logements sociaux construit dans les années 50 et dont les bâtiments arrivent à leur fin de vie utile. Ce projet, qui vise notamment à augmenter l’offre en logements sociaux et communautaires pour les familles, en comprendra 221 de 2 chambres et plus, soit plus de 60 % du total prévu. Le projet intégrera également un centre communautaire et comprend le réaménagement des voies et espaces publics du secteur.
« Être à l’écoute des familles de nos milieux permet d’intégrer leurs préoccupations dans nos décisions d’aménagement, nos demandes de financement selon les besoins et les intérêts des familles. Avoir le regard des familles sur la sécurité de nos rues, l’accessibilité à nos infrastructures permet d’offrir des milieux accueillants. […] Nous avons travaillé afin de cibler les besoins de tous les membres de notre communauté, à maintenir les acquis et les projets qui enrichissent notre communauté. En juillet 2016, 90% des maisons qui se sont vendues, ont été achetées par des jeunes familles; ce qui a mené à une augmentation de 10% des élèves à notre école! »

Danielle Dubois Charbonneau
mairesse d’Henryville

Les parents se sont prononcés sur l’offre d’activités et de services proposée par les municipalités aux familles

Quand ils sont questionnés sur les activités et les services à prioriser, les parents souhaitent que la municipalité offre :

  • À 74 %, des activités physiques pour les enfants de 0 à 5 ans;
  • À 65 %, des activités parents-enfants;
  • À 60 %, des activités culturelles (musées, théâtres, spectacles) pour les enfants de 0 à 5 ans;

Pour faciliter leur participation aux activités, les parents souhaitent que leur municipalité propose :

  • La gratuité ou un coût abordable (64 % des répondants);
  • Des horaires adaptés aux heures de travail (45 % des répondants).

Les activités et services offerts aux familles sont-ils adaptés aux besoins des parents de tout-petits? Ces activités sont-elles également bien communiquées aux citoyens, afin de s'assurer qu'ils connaissent les services offerts par la municipalité?

26 % des enfants des répondants ne participent jamais aux activités offertes par la municipalité.

30 % des répondants ne connaissent pas l’offre d’activités pour leurs tout-petits et leur famille offert par leur municipalité ou ne savent pas s’il existe une telle offre.

Les municipalités peuvent agir!

Plusieurs municipalités au Québec ont développé des mécanismes de participation citoyenne afin que leur offre d’activités et de services soit en adéquation avec les besoins des familles.

D’ailleurs, 83 % des parents considèrent que leur municipalité devrait favoriser la participation, l’implication et la consultation des enfants dans l’élaboration d’activités ou de services les concernant.

L’arrondissement de Rosemont–La-Petite-Patrie a entamé une démarche de consultation en vue de réaliser un nouvel espace public pour enfants, situé au coin des rues De Drucourt et Marquette, autour du thème de L'île aux volcans. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la Politique de l’enfant de la Ville de Montréal et vise à offrir aux enfants un environnement urbain propice au jeu libre, conçu et aménagé de manière sécuritaire et universellement accessible. L'une des étapes du projet était d'inviter les enfants à créer et à imaginer leurs activités autour des notions d’autonomie, de créativité et de jeu libre en contact avec la nature. Fort de cette consultation, le comité du projet a reçu près de 199 idées.

Covid-19 : le rôle des municipalités en temps de pandémie

  • 79 % des répondants sont d’accord pour dire que leur municipalité a un rôle à jouer pour réduire les inégalités sociales engendrées par la crise sanitaire.
  • 83 % des répondants sont d’accord pour dire que la réduction des services municipaux durant la pandémie (fermeture des bibliothèques publiques, des parcs, arénas, activités culturelles et physiques, etc.) a eu un impact sur le développement des tout-petits.
  • La maltraitance et/ou la négligence envers les enfants à 62 % et la précarité financière des familles à 48 % sont nommées comme des priorités d’actions sur lesquelles les municipalités doivent se pencher considérant que ces enjeux se sont aggravés avec la pandémie.

Les municipalités peuvent agir!

La municipalité de Fortierville, en collaboration avec la Fédération québécoise des municipalités et Espace MUNI, vient de lancer la Charte municipale pour la protection de l’enfant. Cette initiative vise à favoriser la mise en place de moyens qui pourront contribuer à la protection des enfants et leur offrir un environnement sain et sécuritaire.

Avec cette charte, la municipalité de Fortierville a souhaité souligner la mémoire d’Aurore Gagnon, connue sous le nom « d’enfant martyr », pour commémorer le centième anniversaire de son décès. Ce triste événement a ainsi été transformé par la municipalité en levier pour mieux protéger les enfants.

Pour en savoir plus sur la Charte

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Nous cherchions à souligner le 100e anniversaire de la triste mort d’Aurore Gagnon, l’enfant martyre, ici à Fortierville en février 1920. Après la tragédie de la fillette de Granby, un siècle plus tard, nous avons voulu arrêter ces horreurs impensables, qui se produisent encore aujourd’hui.

Nous avons créé la Charte municipale pour la protection de l’enfant. La Fédération québécoise des municipalités et Espace MUNI ont embarqué dans notre projet, et nous avons travaillé ensemble à en détailler les objectifs.

Le but principal est de réunir une communauté autour de l’enfant. Il s’agit de mobiliser les organismes et de rassembler les forces déjà présentes autour de ce but commun. Nous croyons que ces organismes méritent d’être connus et reconnus et puissent être des partenaires dans la protection des enfants. TOUS les membres des communautés ont un rôle à jouer.

Les municipalités qui adoptent cette charte s’engagent à créer un milieu de vie sécuritaire pour tous les enfants, à les écouter en leur offrant des occasions de s’exprimer en toute confiance et des lieux pour le faire, à poser des actions pour prévenir la maltraitance envers les enfants et à intégrer ces actions dans notre développement stratégique pour favoriser le développement du plein potentiel des enfants. Des interventions simples peuvent être faites comme l’amélioration de la luminosité dans les parcs, l’installation de boîtes à idées dans les bibliothèques ou l’accueil des enfants au conseil municipal.

Les citoyens aussi sont appelés à jouer un rôle bienveillant, en allant par exemple visiter un voisin pour créer un lien avec un parent qui est épuisé et peut-être à bout de ressources. Il s’agit d’être à l’écoute, d’avoir l’œil sur ce qui se passe autour de nous en pensant au bien-être des tout-petits et des enfants et de demander de l’aide aux organismes pour éviter le pire. Je crois plus au pouvoir de dix petites actions que d’une seule grosse.

L’objectif est que la Charte soit adoptée par un grand nombre de municipalités et de MRC, qu’il y ait un véritable mouvement municipal québécois en faveur de la protection des enfants. Chaque année, à l’anniversaire de la mort d’Aurore, Fortierville compilera le nombre de collectivités qui auront adopté la Charte. En mai 2021, plus de 60 municipalités et 7 MRC l’avaient adoptée… C’est un très bon départ!

Julie Pressé

Julie Pressé,
mairesse de Fortierville,
Centre-du-Québec

L’Île aux volcans est un espace jouable unique, avec des buttes, des cratères, de la roche volcanique et du sable, tout cela en pleine ville de Montréal, dans l’arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie. Des parties de rues ont été fermées à la circulation, ce qui répond de plus à un souhait des citoyens irrités par les excès de vitesse. L’aménagement de cet espace sécuritaire pour le jeu a été réfléchi par le conseil d’arrondissement après consultation auprès des riverains, des parents et des enfants. Le design choisi se situe à mi-chemin entre le parc traditionnel de jeu pour enfants et les boisés naturels.

Les parents peuvent même laisser les enfants y aller seuls et y jeter un œil depuis la maison de temps à autre. Il arrive d’ailleurs que les enfants au parc interpellent leurs parents à la maison pour qu’ils les regardent. On a voulu offrir aux enfants la vie ludique de rues piétonnes et apaisées. En fermant quelques parties, nous avons limité la circulation de façon à assurer la sécurité pour les enfants et les piétons.

Notre objectif principal était d’aménager un espace où les parents se sentent à l’aise avec leurs tout-petits et où ils ne craignent pas de laisser aller jouer leurs enfants un peu plus grands, vers lequel ils ne craignent pas de les laisser marcher et rouler. Et comme le centre communautaire est tout près, il y a une certaine synergie qui est en train de se former et qui va favoriser le développement social de la jeunesse dans le quartier.

Un des objectifs de l’Île aux volcans est de cultiver l’autonomie et la connaissance de soi des enfants. Des études démontrent que les enfants qui jouent dehors développent leur mobilité active et leur autonomie. Si l’enfant est accompagné à chaque instant, il ne pourra pas stimuler cette indépendance. Nous avons donc créé un environnement sécuritaire pour minimiser les risques et assurer cet apprentissage chez l’enfant et aussi chez le parent, qui doit apprendre à faire confiance. Nos meilleurs souvenirs d’enfance ne sont-ils pas ceux où nous inventions des univers imaginaires sans la présence de nos parents?

Stéphanie Watt

Stéphanie Watt,
conseillère de la Ville,
Rosemont-La Petite-Patrie,
Montréal

Victoriaville mise beaucoup sur sa relation partenariale avec les quelque 160 organismes communautaires de la ville. C’est notre marque de commerce. Toutes les instances sont placées sur un pied d’égalité et contribuent à une démarche commune qui vise à déterminer les projets les plus porteurs pour la communauté. Tout le monde participe à la réflexion; il y a ainsi un véritable dialogue et un partage des responsabilités.

La Ville croit fermement à la synergie ainsi créée. D’ailleurs, les élus s’assurent de prendre le pouls des organismes concernés, dont plusieurs font partie de divers comités consultatifs. Et à l’inverse, quand les organismes victoriavillois interpellent le conseil municipal, ils ne sont pas en mode revendications, mais plutôt en mode solutions.

Parmi les projets issus des travaux de notre comité consultatif de la politique familiale, mentionnons les Parcours ludiques, un système de marquage au sol qui a été imaginé en complément de l’itinéraire du Trottibus et qui favorise l’autonomie des écoliers tout en incitant les parents à laisser leurs enfants se rendre à l’école à pied. Nous sommes aussi très fiers de nos Boîtes à idées, un projet qui est soutenu par plusieurs organismes et qui encourage les jeunes citoyens à s’exprimer et à faire leurs propres recommandations aux élus (nous dépouillons les propositions plusieurs fois par année!) de même que de notre partenariat avec le comptoir vestimentaire Le Support. Ce programme d’économie circulaire, implanté depuis plusieurs années dans l’esprit du développement durable et de la lutte à la pauvreté, permet de donner une seconde vie à des couches lavables et ainsi de venir en aide à des familles dans le besoin.

Ce n’est d’ailleurs pas d’hier que Victoriaville se préoccupe des familles : notre politique familiale, qui célèbre son quart de siècle cette année, a été définie en 1996. Au-delà de ce système de collaboration unique, Victoriaville consacre un budget de plus de 2 millions de dollars par année au soutien direct aux organismes. Pour une ville de notre taille, c’est énorme, et cela témoigne de notre engagement partenarial avec les organismes.

Patrick Paulin

Patrick Paulin,
conseiller municipal de Victoriaville,
Centre-du-Québec

Saint-Côme, prisée entre autres pour sa station de ski et ses sentiers de randonnée et constituant une destination touristique de renom dans le nord de Lanaudière, se distingue également grâce à sa Politique familles-aînés.

Jusqu’à tout récemment, bien que notre village de 2400 habitants soit en pleine expansion, Saint-Côme ne comptait pas de centre de la petite enfance (CPE) sur son territoire. On sentait pourtant qu’avoir une garderie à proximité devenait une nécessité pour toute la communauté. Ça l’était aussi aux yeux de l’administration municipale elle-même : attirer davantage de jeunes familles chez nous permet non seulement de redynamiser le cœur villageois, mais aussi d’en assurer la pérennité économique.

C’est pourquoi, après avoir tenté leur chance sans succès auprès des instances gouvernementales provinciales au début des années 2010, les élus au conseil municipal ont choisi d’investir sans attendre plus longtemps les 950 000 $ requis afin de financer entièrement la construction d’un tout nouveau CPE pour les jeunes Cômiers et Cômières.

Nous n’aurions toutefois pas pu réaliser ce projet sans l’aide de la caisse populaire; Desjardins a en effet cédé une partie du terrain qui lui appartenait à la Ville pour que le CPE puisse être bâti à proximité de l’école. Le CPE La Chenille, troisième du nom après les installations de Saint-Donat et de Chertsey, deux autres villes situées à quelques kilomètres, a ainsi pu ouvrir ses portes en 2014 dans un bâtiment neuf conçu spécifiquement pour accueillir une garderie.

Si le CPE a aujourd’hui une capacité de 52 enfants, la liste d’attente, qui contient 50 noms en ce moment, s’allonge sans cesse. C’est donc dire que la garderie pourrait être deux fois plus grande et elle serait toujours au maximum de sa capacité.

Pour compléter le tableau, il y a deux ans, nous avons aussi inauguré un grand parc intergénérationnel — le parc de l’Harmonie — à deux pas de là. Est-ce que le CPE a contribué à dynamiser le noyau villageois comme nous l’espérions? Je crois bien que oui. À preuve, des familles nous ont dit qu’elles se sont installées à Saint-Côme précisément parce qu’on a un CPE au village. Les retombées économiques sont aussi importantes et ont favorisé les petits commerçants locaux : alors que le supermarché a été agrandi — on a quintuplé sa superficie —, des restaurants et même une microbrasserie se sont installés sur la rue principale.

Martin Bordeleau

Martin Bordeleau,
maire de Saint-Côme,
Lanaudière

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