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	Les pratiques parentales coercitives pourraient modifier le cerveau des enfants
30 juillet 2019

Les pratiques parentales coercitives pourraient modifier le cerveau des enfants

Selon une étude menée par des chercheurs de l'Université de Montréal et du CHU Sainte-Justine, crier après un enfant, lui donner une fessée, le gifler ou le secouer sur une base régulière pourrait altérer ses circuits cérébraux de la peur jusqu'à l'adolescence. 

À l'adolescence, les enfants qui ont subi de telles « pratiques parentales coercitives » pourront avoir de la difficulté à différencier ce qui est épeurant de ce qui ne l'est pas et à identifier leurs émotions. Ce type de pratiques parentales provoque des changements dans le fonctionnement de leur cerveau, notamment en ce qui concerne la peur et l'anxiété.

La chercheuse Valérie Alejandra La Buissonnière-Ariza, première auteure de l'étude, affirme que la plupart des précédentes recherches portaient sur « les pires cas d’adversité, soit les enfants maltraités ou négligés et enlevés à leurs parents ».

Avec cette étude, elle a voulu se pencher sur « l’adversité la plus bénigne, qui est assez commune et même facilement acceptée : les parents qui crient contre leurs enfants, les giflent, les prennent par les bras et les secouent pour les discipliner ». 

Quatre-vingt-quatre jeunes sujets 

Des tests ont été effectués auprès de 84 jeunes âgés de 13 à 16 ans, qui depuis la naissance participaient à deux études longitudinales québécoises, accessibles par l’intermédiaire du Groupe de recherche sur l’inadaptation psychosociale chez l’enfant de l'Université de Montréal et l’Institut de la statistique du Québec.

Ces derniers ont été soumis à des examens IRM fonctionnels de leur cerveau pendant une tâche de conditionnement de la peur. Les résultats ont montré des différences marquées dans la façon dont celui-ci traitait la peur.  

Selon la chercheuse, les jeunes sans coercition étaient à même de bien différencier le stimulus effrayant du stimulus rassurant, tandis que les jeunes qui avaient été victimes de pratiques parentales coercitives traitaient les deux stimuli de la même façon. Des différences au niveau de la communication entre l'amygdale et l'insula, une région du cerveau qui est entre autres impliquée dans le traitement des sensations viscérales, comme l'anxiété, auraient également été trouvées. 

À propos de l'étude

L’article « Chronic harsh parenting and anxiety associations with fear circuitry function in healthy adolescents: a preliminary study », écrit par Françoise Maheu, Franco Lepore, Valérie La Buissonnière-Ariza et leurs collaborateurs, a été publié le 29 mars 2019 dans Biological Psychology. 

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