Observatoire des tout-petits

5 octobre 2018

L’aide sociale inefficace pour protéger la santé

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La littérature scientifique classe le revenu parmi les principaux déterminants de la santé. Puisque l’aide sociale est un soutien au revenu, des chercheures de l’école de santé publique Dalla Lana de l’Université de Toronto ont voulu vérifier sa capacité à améliorer la santé de ceux qui la reçoivent.

En étudiant les données provenant d’enquêtes gouvernementales nationales du Canada, des États-Unis et du Royaume-Uni, les chercheures se sont intéressées à l’impact des mesures d’assistance sociale sur la santé des bénéficiaires dans ces 3 pays.

En résumé :

Premier constat : les bénéficiaires de l’aide sociale étaient en moins bonne santé que les autres dans les 3 régions étudiées. Les chercheures avancent 3 explications possibles pour ce phénomène :

  • Le montant de l’aide financière est peut-être encore insuffisant pour couvrir les besoins essentiels comme le loyer, la nourriture et le transport, ce qui limiterait le budget disponible pour s’occuper de sa santé;
  • Les exigences de travail associées à l’obtention de l’aide favorisent les emplois instables et les conditions de travail précaires. Or plusieurs études ont démontré que ce type d’emplois aurait un impact plus négatif sur la santé que le fait d’être au chômage;
  • Demander de l’aide sociale est souvent le meilleur moyen d’obtenir des médicaments ou des soins dentaires subventionnés, ce qui pourraient inciter plus de gens malades à se prévaloir de cette aide et expliquer qu’ils soient surreprésentés parmi les bénéficiaires.

Si le revenu de base et l’universalité des soins de santé gratuits font partie de la solution selon les auteurs, celles-ci rappellent qu’aucune mesure isolée ne pourra remédier seule à ces inégalités. Les chercheures concluent que les politiques publiques qui préviennent la pauvreté sont primordiales pour l’égalité des chances en santé.

 

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