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	14 organisations en petite enfance interpellent le nouveau gouvernement provincial
25 octobre 2018

14 organisations en petite enfance interpellent le nouveau gouvernement provincial

14 organisations interpellaient le nouveau gouvernement provincial par voie de communiqué de presse cette semaine. Constatant les résultats de la dernière Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle, publiée par l'Institut de la statistique du Québec le 18 octobre dernier, les organisations enjoignent le nouveau gouvernement à se joindre à leurs efforts afin d’assurer l’égalité des chances des tout-petits. Le voici :

Intensifions les efforts pour le développement global de nos jeunes enfants

Devant les résultats de la deuxième édition de l’Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle (EQDEM), nous sommes 14 organisations à affirmer avec force notre volonté de travailler de concert avec le nouveau gouvernement du Québec pour encore mieux intervenir auprès de tous les jeunes enfants, et en particulier ceux issus de milieux défavorisés, ceux présentant une vulnérabilité et ceux issus de communautés autochtones. Plus que jamais, il est temps d’intensifier nos efforts, dès la grossesse, afin d’offrir à chacun d’eux et sa famille les conditions essentielles pour développer son plein potentiel, favorisant ainsi sa réussite éducative.

En effet, l’Institut de la statistique du Québec publiait, le 18 octobre, la deuxième édition (2017) de l’Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle (EQDEM). On y apprenait, entre autres, que « 27,7 % des enfants à la maternelle sont vulnérables dans au moins un domaine de développement »1, alors qu’en 2012, à la première édition de l’enquête, cette proportion était de 25,6 %.2

Nous sommes persuadés que monsieur Mathieu Lacombe, nouveau ministre de la Famille, saura se montrer sensible à cette réalité, étant originaire de l’Outaouais, la région présentant la plus grande proportion d’enfants vulnérables au Québec, toujours selon l’EQDEM. Dans un même ordre d’idées, nous sommes confiants que monsieur Lionel Carmant, nouveau ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, accordera la priorité au déploiement des ressources appropriées là où les besoins seront les plus criants de manière à bien accompagner les enfants jusqu’à leur entrée à l’école.

Quelques faits saillants de l’Enquête

La proportion d’enfants vulnérables a augmenté dans quatre des cinq domaines de développement entre 2012 et 2017 soit la santé physique et le bien-être (9,5 % c. 10,6 %) ; les compétences sociales (9,0 % c. 10,2 %) ; la maturité affective (9,7 % c. 11,5 %) ; ainsi que le développement cognitif et langagier (10,0 % c. 11,1 %). Elle est aussi plus élevée chez certains groupes d’enfants, tels les garçons (35 %), les enfants de moins de 6 ans (34,3 %), les enfants vivant dans un milieu défavorisé sur le plan matériel (33,7 %) ou social (33,2 %) et les enfants dont la langue maternelle est autre que le français (34,5 %).3

Toutefois, on ne peut pas, d’un point de vue statistique, parler de tendance et tirer trop vite des conclusions. Pour ce faire, il faudra plusieurs mesures dans le temps pour se prononcer, d’où l’importance de poursuivre des enquêtes populationnelles de cette envergure et de cette qualité, et de les bonifier pour avoir notamment des données sur la situation des enfants issus de communautés autochtones.

Mieux intervenir en cohérence

Plusieurs études ont démontré qu’en intervenant tôt dans la vie des jeunes enfants, surtout de ceux présentant des vulnérabilités, il est possible d’avoir une influence positive sur leur développement. Malheureusement, on constate encore trop souvent que le continuum de services offerts aux enfants et à leur famille est brisé, diminuant ainsi l’intensité et la continuité des interventions. Pour relever ce défi, tous les acteurs doivent unir leurs forces pour favoriser plus de fluidité et de cohérence entre les différents services.

De plus, pour atteindre l’objectif 3 de la Politique sur la réussite éducative « visant à porter, d’ici 2025, à 80 % la proportion d’enfants qui commencent leur scolarité sans présenter de facteur de vulnérabilité pour leur développement »4, il semble inévitable de mettre en place et de consolider un certain nombre de conditions de succès pour s’assurer d’offrir aux parents un soutien efficace et cohérent dans l’exercice de leur rôle parental et, à chaque enfant, un environnement éducatif de grande qualité.

Une priorité gouvernementale

Nous sommes résolument, à l’instar du Premier ministre, animés de cette grande et noble ambition de donner à chacun de nos enfants la possibilité d’atteindre son plein potentiel.

Ce projet ambitieux pour les plus jeunes citoyens du Québec ne pourra se concrétiser sans un effort collectif efficace, un leadership gouvernemental incontournable et des politiques publiques cohérentes. Le développement global de tous les enfants, et leur réussite éducative, devrait être une priorité gouvernementale et s’incarner dans la mission de plus d’un ministère.

Organisations signataires

  • Avenir d’enfants
  • Association des bibliothèques publiques du Québec
  • Association des haltes-garderies communautaires du Québec
  • Association québécoise des centres de la petite enfance
  • Carrefour action municipale et famille
  • Community Health and Social Services Network
  • Conseil québécois des services éducatifs à la petite enfance
  • Fédération des commissions scolaires
  • Fédération québécoise des organismes communautaires Famille
  • Fondation Lucie et André Chagnon
  • Réseau des Instances régionales de concertation sur la persévérance scolaire et la réussite éducative du Québec
  • Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec
  • Réseau des centres de ressources périnatales du Québec
  • Réseau pour un Québec Famille

Notes :

  1. Enquête sur le développement des enfants à la maternelle, Deuxième édition (2017), Institut de la statistique du Québec, 2018 
  2. Idem 
  3. On retrouve des enfants dont la langue maternelle est l’anglais ou une autre langue dont les langues autochtones ou étrangères. 
  4. Politique sur la réussite éducative, Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, 2017 

 

 

 

 

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