Taux de signalements traités et retenus, et signalements retenus selon la problématique chez les enfants de 0 à 5 ans au Québec
Définition de l’indicateur
Taux de signalements traités et retenus pour 1 000 enfants de 0 à 5 ans au Québec, excluant le Nunavik. Les données couvrent l'année financière du 1er avril au 31 mars.
Notes importantes sur la définition
Signalements traités : Il s'agit de l’ensemble des signalements pour lesquels la décision a été rendue par le Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ) durant l’année financière.
Signalement retenu : Lorsque le DPJ, sur la base des informations transmises par le signalant et après une analyse sommaire de la situation signalée, prend la décision de retenir le signalement en vertu de l'un ou l'autre des motifs de rétention prévus à l'article 38 de la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ), pour procéder à une évaluation approfondie de la situation de l'enfant (en vue de déterminer si les faits sont fondés et si la sécurité ou le développement de l'enfant sont compromis).
Âge des enfants : Il s'agit des enfants âgés de 0 à 5 ans au début du service, c'est-à-dire l'âge au moment où le signalement est porté à l'attention de la DPJ.
Problématique principale : Les données présentées concernent la problématique principale faisant l'objet d'un signalement en vertu des motifs prévus à la LPJ (abandon, négligence, risque sérieux de négligence, mauvais traitements psychologiques, abus sexuel, risque sérieux d'abus sexuel, abus physique, risque sérieux d'abus physique, troubles de comportement sérieux). Ces données ne rendent donc pas compte des situations où il y a co-occurrence de problématiques. Il s'agit de la problématique principale documentée au moment de la décision de retenir ou non le signalement.
Abandon : Les parents de l'enfant sont décédés ou n’assument pas leurs responsabilités, et aucune autre personne ne remplit ce rôle.
Négligence : Les parents de l'enfant ou la personne qui en a la garde ne répondent pas à ses besoins fondamentaux en ne lui assurant pas l’essentiel de ses besoins de base, en ne lui permettant pas de recevoir les soins de santé dont il a besoin, en ne lui fournissant pas la surveillance ou l’encadrement appropriés et en ne prenant pas les moyens nécessaires pour assurer sa scolarisation.
Risque sérieux de négligence : L'enfant encourt un risque sérieux (forte probabilité) d'être victime de négligence.
Mauvais traitements psychologiques : L'enfant subit, de façon grave ou continue, des comportements de la part de ses parents, ou d’une autre personne, pouvant compromettre sa santé psychologique, et ses parents ne prennent pas les moyens nécessaires pour mettre fin à la situation. Il peut s’agir d’indifférence, de dénigrement, de rejet affectif, de contrôle excessif, d’isolement, de menaces, d’exploitation ou d’exposition à la violence conjugale ou familiale.
Abus sexuel : L'enfant subit des gestes à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, de la part de ses parents ou de la part d’une autre personne, et ses parents ne prennent pas les moyens nécessaires pour mettre fin à la situation.
Risque sérieux d'abus sexuel : L'enfant encourt un risque sérieux (forte probabilité) d'être victime d'abus sexuel.
Abus physique : L'enfant subit des sévices corporels ou est soumis à des méthodes éducatives déraisonnables de la part de ses parents ou de la part d’une autre personne, et ses parents ne prennent pas les moyens nécessaires pour mettre fin à la situation.
Risque sérieux d'abus physique : L'enfant encourt un risque sérieux (forte probabilité) d'être victime d'abus physique.
Troubles de comportement sérieux : L'enfant, de façon grave ou continue, se comporte de manière à porter atteinte à son intégrité physique ou psychologique ou à celle d’autrui et que ses parents ne prennent pas les moyens nécessaires pour mettre fin à la situation (ou l'enfant, si âgé de 14 ans et plus, s'y oppose).
Violence conjugale : L’enfant est exposé, directement ou indirectement, à de la violence entre ses parents ou entre l’un de ses parents et une personne avec qui il a une relation intime, incluant en contexte post-séparation, notamment lorsque l’enfant en est témoin ou lorsqu’il évolue dans un climat de peur ou de tension, et que cette exposition est de nature à lui causer un préjudice.
Données provinciales
Notes graphiques
« Exposition violence conjugale » est entrée en vigueur en avril 2023. Avant cette date, l’exposition à la violence conjugale était incluse dans la catégorie des mauvais traitements psychologiques.
Source des données
Tableau de bord - Bilan DPJ PROD - Power BI, MSSS : dernière mise à jour, 31 mars 2025. Institut de la statistique du Québec, estimations et projections de population : série produite en juillet 2023, révisée en novembre 2024.
Faits saillants provinciaux
En 2024-2025, le taux de signalements traités était de 72,8 pour 1 000 enfants, de ce nombre, 25,7 signalements pour 1 000 ont été retenus. Le taux de signalements traités a augmenté de 28 % de 2017-2018 à 2024-2025. Les signalements retenus ont augmenté de 18 % de 2017-2018 à 2020-2021, et ont baissé de 5 % de 2023-2024 à 2024-2025.
En 2024-2025, parmi les signalements retenus, les principaux motifs étaient la négligence (5,1 pour 1 000) et le risque sérieux de négligence (4,6 pour 1 000), l’exposition à la violence conjugale (6,0 pour 1 000) et l’abus physique (4,6 pour 1 000).
Quels sont les effets pour les tout-petits?
La maltraitance inclut l’abandon, la négligence, les mauvais traitements physiques et psychologiques ainsi que les abus sexuels.
La négligence traduit des besoins non satisfaits au sein des familles et des communautés. En d’autres termes, elle découle généralement d’une absence de réponse aux besoins d’un enfant, faute de ressources, plutôt que d’abus ou de violence dirigés contre lui. Plus la maltraitance survient tôt, plus ses conséquences sont importantes. Elle peut avoir des effets sur le développement du langage et causer des problèmes d’attention et de mémoire. Sur le plan socioaffectif, la maltraitance peut augmenter les risques de développer de l’anxiété, des comportements dépressifs et une faible estime de soi. Elle peut également être associée à de la colère, à de l’agressivité et à de la difficulté à contrôler ses émotions. En ce qui concerne le développement physique, les bébés ayant été secoués peuvent présenter des modifications de la structure de leur cerveau ainsi que des dommages neurologiques permanents.
De plus, de nombreuses études ont démontré que les expériences vécues durant la petite enfance, comme la maltraitance ou la pauvreté, modifient le cerveau des tout-petits, faisant en sorte que certaines structures sont sous-développées, alors que d’autres sont surdéveloppées.
Les conséquences de la maltraitance durant l’enfance peuvent persister à long terme. En effet, elle est associée à des comportements anxieux et dépressifs, au décrochage scolaire, à l’abus de substances, à des troubles alimentaires, à de la violence dans les relations intimes ainsi qu’à des idées suicidaires.
Recension
Observatoire des tout-petitsRédaction
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