Proportion d'enfants de 6 mois à 5 ans dont la mère a subi de la violence de la part d'un(e) partenaire intime en période périnatale
Définition de l’indicateur
La violence exercée par un(e) partenaire intime en période périnatale, telle que rapportée par les mères biologiques, correspond aux gestes et comportements de violence physique, sexuelle ou psychologique perpétrés par un(e) partenaire intime ou ex-partenaire entre le début de la grossesse et les deux ans de l'enfant. Elle peut prendre diverses formes : psychologique (insulter, menacer, intimider, suivre la personne, harceler par téléphone ou sur les médias sociaux), physique (pousser, frapper, étrangler) ou sexuelle (forcer l'autre à avoir des relations sexuelles ou tenter de le faire).
Données provinciales
Notes graphiques
* Coefficient de variation entre 15 % et 25 % ; interpréter avec prudence.
** Coefficient de variation supérieur à 25 % ; estimation imprécise, fournie à titre indicatif seulement.
Source des données
Institut de la statistique du Québec, Enquête sur la violence et la négligence familiales dans la vie des enfants du Québec, 2024.
Faits saillants provinciaux
D'après l'Enquête sur la violence et la négligence familiales dans la vie des enfants du Québec menée en 2024, la mère biologique de 12,1 % des enfants de 6 mois à 5 ans a subi de la violence durant la période périnatale de l’enfant visé par l’enquête.
La forme de violence périnatale la plus répandue était la violence psychologique (11,1 %). Le taux était plus faible pour la violence physique (3,0 %) et pour la violence sexuelle (1,9 %*).
De plus, la mère de 6,5 % des jeunes de 6 mois à 5 ans avait subi de la violence périnatale à la fois pendant la grossesse et durant les deux premières années de vie de l’enfant. Cette proportion était de 1,9 %* pour les gestes commis uniquement durant la grossesse et de 3,6 %* lorsqu’il s’agissait exclusivement des deux premières années de vie de l’enfant.
Quels sont les effets pour les tout-petits?
La violence conjugale est généralement définie comme une série d’actes répétitifs, qui se font de plus en plus nombreux à travers le temps. Ces actes comprennent les agressions psychologiques, verbales, physiques et sexuelles ainsi que les actes de domination économique. La violence conjugale constitue un moyen pour l’agresseur de dominer l’autre personne et d’affirmer son pouvoir sur elle.
Cette violence a des conséquences pour la santé et le bien-être des femmes enceintes, telles que des blessures physiques, de la dépression, de l’anxiété, un état de stress post-traumatique, de l’isolement social, des problèmes de consommation, et des idées suicidaires. Elle nuit également à l’expérience de la maternité et à l’attachement mère-enfant.
La violence conjugale se produit dans une période névralgique pour le développement du fœtus et du nourrisson. Elle peut causer des dommages au placenta et augmenter la probabilité de fausse couche, d’accouchement avant terme ou de faible poids à la naissance. Elle est aussi susceptible de nuire au développement cognitif, moteur et relationnel du nourrisson et de l’enfant.
Rédaction
Observatoire des tout-petitsRéférences
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