Observatoire des tout-petits

Données administratives
? Les données administratives sont des renseignements recueillis par des organisations publiques et privées dans le cadre de leurs activités courantes.

Taux d'enfants de 0 à 5 ans faisant l'objet d'une nouvelle prise en charge

Mis à jour le 6 mars 2026

Définition de l’indicateur

Taux d'enfants de 0 à 5 ans ayant une nouvelle prise en charge par le Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ) pour 1 000 enfants au Québec, excluant le Nunavik. Ces données correspondent aux nouvelles prises en charge durant l'année, et non aux prises en charge actives. En d'autres termes, il s'agit des enfants dont la prise en charge débute dans l'année concernée. Un même enfant n'est compté qu'une seule fois, l'année où sa prise en charge commence. Ainsi, une augmentation dans le taux de nouvelles prises en charge reflète une hausse du nombre d'enfants nouvellement pris en charge, indépendamment de la durée des prises en charge existantes. Les données couvrent l'année financière du 1er avril au 31 mars.

Notes importantes sur la définition

Situations prises en charge par la DPJ : Lorsque la sécurité ou le développement de l'enfant sont jugés compromis après une évaluation approfondie, le directeur de la protection de la jeunesse (DPJ) prend la situation de l'enfant en charge et doit déterminer les mesures à mettre en place pour assurer sa protection et aider ses parents à corriger la situation. Diverses mesures de protection peuvent s'appliquer selon la situation de l'enfant et de ses parents (par ex., suivi psychosocial, participation du parent à un programme de traitement pour des problèmes de consommation abusive, interdiction de contacts, placement de l'enfant en milieu substitut, etc.).

Âge des enfants : Il s'agit des enfants âgés de 0 à 5 ans au 31 mars de l'année concernée ou au moment de la fin du service.

Motif de prise en charge : Il s'agit de la problématique documentée lors de la dernière révision ou lors du service de type "Orientation" si aucune révision n'a été effectuée.

Abandon : Les parents de l'enfant sont décédés ou n’assument pas leurs responsabilités, et aucune autre personne ne remplit ce rôle.

Négligence : Les parents de l'enfant ou la personne qui en a la garde ne répondent pas à ses besoins fondamentaux en ne lui assurant pas l’essentiel de ses besoins de base, en ne lui permettant pas de recevoir les soins de santé dont il a besoin, en ne lui fournissant pas la surveillance ou l’encadrement appropriés et en ne prenant pas les moyens nécessaires pour assurer sa scolarisation.

Risque sérieux de négligence : L'enfant encourt un risque sérieux (forte probabilité) d'être victime de négligence.

Mauvais traitements psychologiques : L'enfant subit, de façon grave ou continue, des comportements de la part de ses parents, ou d’une autre personne, pouvant compromettre sa santé psychologique, et ses parents ne prennent pas les moyens nécessaires pour mettre fin à la situation. Il peut s’agir d’indifférence, de dénigrement, de rejet affectif, de contrôle excessif, d’isolement, de menaces, d’exploitation ou d’exposition à la violence conjugale ou familiale.

Abus sexuel : L'enfant subit des gestes à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, de la part de ses parents ou de la part d’une autre personne, et ses parents ne prennent pas les moyens nécessaires pour mettre fin à la situation.

Risque sérieux d'abus sexuel : L'enfant encourt un risque sérieux (forte probabilité) d'être victime d'abus sexuel.

Abus physique : L'enfant subit des sévices corporels ou est soumis à des méthodes éducatives déraisonnables de la part de ses parents ou de la part d’une autre personne, et ses parents ne prennent pas les moyens nécessaires pour mettre fin à la situation.

Risque sérieux d'abus physique : L'enfant encourt un risque sérieux (forte probabilité) d'être victime d'abus physique.

Troubles de comportement sérieux : L'enfant, de façon grave ou continue, se comporte de manière à porter atteinte à son intégrité physique ou psychologique ou à celle d’autrui et que ses parents ne prennent pas les moyens nécessaires pour mettre fin à la situation (ou l'enfant, si âgé de 14 ans et plus, s'y oppose).

Violence conjugale : L’enfant est exposé, directement ou indirectement, à de la violence entre ses parents ou entre l’un de ses parents et une personne avec qui il a une relation intime, incluant en contexte post-séparation, notamment lorsque l’enfant en est témoin ou lorsqu’il évolue dans un climat de peur ou de tension, et que cette exposition est de nature à lui causer un préjudice.

Données provinciales

 
 
Survolez le graphique pour voir les données détaillées

Notes graphiques

* « Exposition violence conjugale » est entrée en vigueur en avril 2023. Avant cette date, l’exposition à la violence conjugale était incluse dans la catégorie des mauvais traitements psychologiques. Ce changement peut expliquer que les taux de prise en charge ont augmenté dans le temps pour toutes les problématiques sauf pour celle concernant les mauvais traitements psychologiques.

Source des données

Tableau de bord - Bilan DPJ PROD - Power BI, MSSS, dernière mise à jour, 31 mars 2025. Institut de la statistique du Québec, estimations et projections de population : série produite en juillet 2023, révisée en novembre 2024.

Faits saillants provinciaux

En 2024-2025, 4,9 enfants pour 1 000 enfants de 0 à 5 ans ont fait l'objet d'une nouvelle prise en charge par le DPJ, une augmentation de 10 % par rapport à 2019-2020 (4,4 enfants pour 1 000).

En 2024-2025, les principaux motifs de nouvelle prise en charge par le DPJ étaient la négligence (1,2 pour 1 000) et le risque sérieux de négligence (1,4 pour 1 000), suivis par l'exposition à la violence conjugale (1,0 pour 1 000) et les mauvais traitements psychologiques (0,56 pour 1 000).

Notes importantes

Au besoin, les données selon la problématique de 2020-2021 à 2023-2024 sont disponibles dans le tableau téléchargeable des données provinciales.

À titre indicatif, au Québec en 2024, un taux de 1 pour 1 000 correspond à un peu plus de 500 enfants.

La catégorie « Troubles de comportement sérieux » a été retirée du graphique puisqu’il n’y a eu aucune prise en charge selon cette problématique en 2019-2020 et en 2024-2025.

Quels sont les effets pour les tout-petits?

Les mauvais traitements envers les enfants (abus physique, abus sexuel, négligence, abandon ou mauvais traitements psychologiques) sont associés à des séquelles physiques et psychologiques observables dès la petite enfance.

Dès le plus jeune âge (0-23 mois), les mauvais traitements peuvent engendrer des conséquences négatives sur la santé, le développement et le bien-être de l’enfant (dysfonctions et retards cognitifs, difficultés d’apprentissage, troubles de l’attachement, troubles du sommeil et problèmes de santé physique tels que des problèmes d’audition ou de vision). Chez les bambins (24-36 mois), le stress qui accompagne ces situations d’abus se traduit par l’apparition de problèmes émotionnels et comportementaux tels que des comportements agressifs envers les pairs et les personnes significatives ou encore, une tendance à se retirer des interactions sociales. Enfin, chez les enfants d’âge préscolaire (3-5 ans), les retards de langage s’ajoutent aux difficultés vécues par ces enfants. Les effets de la maltraitance peuvent se poursuivre à travers les différents stades de développement (enfance, adolescence et âge adulte) et peuvent mener à l’apparition de problèmes de santé mentale ou encore, à l’adoption de conduites à risque telles que l’usage de drogues, des activités sexuelles problématiques (relations sexuelles précoces, prostitution) et de l’itinérance.

Au Québec, la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) doit intervenir lorsque la sécurité ou le développement des enfants est compromis. Lorsqu’un enfant fait l’objet d’un signalement, la DPJ peut décider de le retenir ou non. Si le dossier est retenu, la situation est évaluée plus profondément. Lorsque cette évaluation statue que la sécurité ou le développement de l’enfant sont compromis, l’enfant sera pris en charge et pourra être sujet à la mise en place de mesures de protection de la DPJ. Dans certaines situations, l’enfant peut être placé en dehors de sa famille.

Recension

Observatoire des tout-petits

Rédaction

Observatoire des tout-petits

Références

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