Proportion d’enfants de 6 mois à 5 ans ayant fait l’objet de négligence selon la forme de négligence
Définition de l’indicateur
La négligence envers les enfants, telle que rapportée par les mères, se définit comme une réponse insuffisante aux besoins des enfants au cours des 12 mois précédant l’enquête, compromettant leur bien-être ou leur développement. Elle peut se manifester sous différentes formes : cognitive ou affective, de supervision, ou physique. Par exemple, habiter dans un logement insalubre ou non sécuritaire, ne pas offrir les soins médicaux nécessaires ou exposer l'enfant à des conduites qui peuvent nuire à sa sécurité (ex. : consommation de drogues, criminalité). Elle se situe sur un continuum allant de situations à risque à des cas graves de négligence.
Données provinciales
Notes graphiques
* Coefficient de variation entre 15 % et 25 % ; interpréter avec prudence.
** Coefficient de variation supérieur à 25 % ; estimation imprécise, fournie à titre indicatif seulement.
Source des données
Institut de la statistique du Québec, Enquête sur la violence et la négligence familiales dans la vie des enfants du Québec, 2024.
Faits saillants provinciaux
Selon l'Enquête sur la violence et la négligence familiales dans la vie des enfants du Québec menée en 2024, 2,0 %* des enfants de 6 mois à 5 ans ont été victimes de négligence cognitive ou affective et 8,0 % en ont été à risque au cours des 12 mois précédant l’enquête. La négligence de supervision a touché 4,3 % des enfants, alors que 3,9 %* des enfants en ont été à risque. Quant à la négligence physique, elle a touché 0,7 %** des enfants, alors que 0,3 %** en ont été à risque.
Quels sont les effets pour les tout-petits?
Dans la population générale, on estime qu’environ un enfant sur cinq vivra au moins une forme de conduites parentales à caractère négligent au cours d’une année, la négligence de supervision affectant plus particulièrement les tout-petits (0 à 5 ans).
Les impacts de ces omissions sur le bien-être et le développement des tout-petits dans la population sont encore peu documentés; la grande majorité des études ayant été réalisée soit auprès des adultes de manière à connaître leur vécu dans l’enfance ou auprès des enfants suivis dans les services de protection. À court terme pourtant, ces études ont montré que les enfants d’âge scolaire victimes de négligence sont plus à risque de présenter des symptômes de dépression, d’avoir des idées suicidaires, des difficultés relationnelles avec leurs pairs et des troubles d’apprentissage. À long terme, une méta-analyse montre que la négligence entraîne aussi des problèmes de santé mentale tels que l’anxiété et la dépression ainsi que des problèmes de consommation abusive de drogues et des comportements sexuels à risque. Les impacts seront d’autant plus grands si la négligence est accompagnée d’autres formes de violence à l’endroit de l’enfant.
Recension
Chaire de recherche du Canada sur la violence faite aux enfantsRédaction
Chaire de recherche du Canada sur la violence faite aux enfantsRéférences
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