Observatoire des tout-petits

Négligence ou risque de négligence envers les enfants de 6 mois à 5 ans selon les besoins spécifiques de l'enfant

Mis à jour le 1 avril 2026

Définition de l’indicateur

Négligence ou risque de négligence envers les enfants présentant des besoins particuliers en matière de développement langagier, d'apprentissage ou de santé physique ou mentale au cours des 12 mois précédant l’enquête.

La négligence envers les enfants, telle que rapportée par les mères et les pères, est définie comme une réponse insuffisante aux besoins des enfants, compromettant leur bien-être ou leur développement. Elle peut se manifester sous différentes formes : cognitive ou affective, de supervision, ou physique. Par exemple, habiter dans un logement insalubre ou non sécuritaire, ne pas offrir les soins médicaux nécessaires ou l’exposer là des conduites qui peuvent nuire à sa sécurité (ex. : consommation de drogues, criminalité). Elle se situe sur un continuum allant de situations à risque à des cas graves de négligence. Cet indicateur regroupe la négligence et le risque de négligence en raison des petits effectifs.

Données provinciales

 
 
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Notes graphiques

* Coefficient de variation entre 15 % et 25 % ; interpréter avec prudence.

** Coefficient de variation supérieur à 25 % ; estimation imprécise, fournie à titre indicatif seulement.

Source des données

Institut de la statistique du Québec, Enquête sur la violence et la négligence familiales dans la vie des enfants du Québec, 2024.

Faits saillants provinciaux

D'après l'Enquête sur la violence et la négligence familiales dans la vie des enfants du Québec menée en 2024, selon les mères des enfants de 6 mois à 5 ans qui ont des besoins élevés sur le plan du développement langagier et de l’apprentissage, le taux de négligence ou le risque de négligence est estimé à 23,7 %, alors qu’il est de 15,7 % chez les tout-petits du même âge qui ont de faibles besoins. En ce qui concerne les pères, l’enquête ne permet pas de détecter de différences significatives entre les enfants qui ont des besoins élevés et ceux qui ont de faibles besoins concernant le taux de négligence ou le risque de négligence.

Selon les mères, chez les enfants de 6 mois à 5 ans qui ont des besoins élevés sur le plan de la santé physique et mentale, le taux de négligence ou le risque de négligence est estimé à 27,7 %*, alors qu’il est de 16,2 % chez les tout-petits du même âge qui ont de faibles besoins. En ce qui concerne les pères, l’enquête ne permet pas de détecter de différences significatives entre les enfants qui ont des besoins élevés et ceux qui ont de faibles besoins concernant le taux de négligence ou le risque de négligence.

Notes importantes

Les résultats selon le point de vue des mères sont représentatifs de l’ensemble des enfants de 6 mois à 5 ans. Les résultats selon le point de vue des pères sont représentatifs des enfants vivant avec leur père (avec ou sans leur mère). Dans ces deux cas, il est question d’enfants pouvant faire partie de familles biparentales, monoparentales, recomposées ou autres.

Quels sont les effets pour les tout-petits?

Dans la population générale, on estime qu’environ un enfant sur cinq vivra au moins une forme de conduites parentales à caractère négligent au cours d’une année, la négligence de supervision affectant plus particulièrement les tout-petits (0 à 5 ans).

Les impacts de ces omissions sur le bien-être et le développement des tout-petits dans la population sont encore peu documentés; la grande majorité des études ayant été réalisée soit auprès des adultes de manière à connaître leur vécu dans l’enfance ou auprès des enfants suivis dans les services de protection. À court terme pourtant, ces études ont montré que les enfants d’âge scolaire victimes de négligence sont plus à risque de présenter des symptômes de dépression, d’avoir des idées suicidaires, des difficultés relationnelles avec leurs pairs et des troubles d’apprentissage. À long terme, une méta-analyse montre que la négligence entraîne aussi  des problèmes de santé mentale tels que l’anxiété et la dépression ainsi que des problèmes de consommation abusive de drogues et des comportements sexuels à risque. Les impacts seront d’autant plus grands si la négligence est accompagnée d’autres formes de violence à l’endroit de l’enfant.

Recension

Chaire de recherche du Canada sur la violence faite aux enfants

Rédaction

Chaire de recherche du Canada sur la violence faite aux enfants

Références

Clément, M.-È., Bérubé, A. et Chamberland, C. (accepté). Prevalence and risk factors of child neglect in the general population. Public Health.

Holt, M. K., Straus, M. A. et Kaufman-Kantor (2004). A shorty form of the parent-report multidimensional negletful behavior scale, Durham, Family Research Laboratory.

Maguire, S. A., Williams, B., Naughton, A.M. Cowley, L. E., Mann, M. K., Teague, M. et Kemp, A.M. (2015). A systematic review of the emotional, behavioural and cognitive features exhibited by school-aged children experiencing neglect or emotional abuse. Child : Care, Health and Development, 41(6), 641-653.

Norman, R. E., Byambaa, M., De, R., Butchart, A., Scott, J. et Vos, T. (2012). The long-term health consequences of child physical abuse, emotional abuse, and neglect : A systematic review and meta-Analysis. Plos Medicine, 9(11).

Stoltenborgh, M., Bakermans-Kranenburg, M. J. et van Ijzendoorn, M. H. (2013). The neglect of child neglect: a meta-analytic review of the prevalence of neglect. Soc Psychiatry Psychiatr Epidemiol, 48(3), 345-355. doi: 10.1007/s00127-012-0549-y