Accès aux services de garde éducatifs à l’enfance : quels sont les obstacles rencontrés par les familles ?
Une consultation citoyenne menée par Ma place au travail et l'Institut du Nouveau monde révèle que l'accès au réseau des services de garde continue d'être un casse-tête pour les parents, bien que le nombre d'enfants en attente d'une place ai diminué dans la dernière année.
Au 31 mai 2025, il y avait 30 688 enfants en attente d'une place dans un service de garde éducatif à l'enfance (SGEE)1. C'est une baisse de près de 10 % comparé à l'année précédente.
En 2021, le gouvernement québécois lançait le « Grand chantier pour les familles », un plan d'action visant à compléter et moderniser le réseau des services de garde éducatifs à l'enfance. Ce dernier faisait suite à une consultation publique menée d'avril à juin 2021. À l'époque, près de 90 % des parents d'enfants d'âge préscolaire pour qui la recherche d'une place en service de garde éducatif avait été difficile rapportaient le manque de place comme étant la principale difficulté rencontrée2.
Quatre ans plus tard, constatant que le réseau des services de garde éducatifs à l'enfance fait encore face à de nombreux défis, l'organisme Ma place au travail et l'Institut du Nouveau Monde ont jugé nécessaire de sonder à nouveau les familles québécoises à propos de leur expérience, dans le cadre d'une démarche de consultation citoyenne. Plus de 1 100 parents d'enfants de 0 à 5 ans3 qui habitent aux quatre coins du Québec ont été sondés au moyen d'un questionnaire en ligne ou de séances de discussion.
« On a voulu refaire un état des lieux des expériences des parents. Notre organisme s'est toujours intéressé à la pénurie de places et à ses impacts sur les parents. Mais, avec cette démarche, on a voulu avoir des informations sur l'ensemble de l'expérience des parents : leurs besoins, leurs préoccupations, leurs valeurs, leurs aspirations. »
- Gabrielle Champagne, coordonnatrice à la mobilisation pour Ma place au travail.
Un parcours semé d'obstacles
De façon générale, la consultation a fait ressortir que les services offerts par les services de garde éducatifs sont appréciés par les familles qui les fréquentent. Or, leur accessibilité et leur utilisation sont encore parsemées d'obstacles pour 89 % des familles qui ont répondu au questionnaire en ligne. C'est le cas, en particulier, des familles monoparentales, immigrantes, qui ont des enfants ayant besoin de soutien particulier ou des parents en situation de handicap. « Nous sommes une famille immigrante, a partagé une mère. Je ne savais pas comment les admissions fonctionnaient, donc, je me suis présentée après quelques mois directement au CPE près de la maison, pensant que je n'avais qu'à inscrire mon enfant là. On a dû m'expliquer que ça ne fonctionnait pas du tout comme ça. »
Les obstacles les plus fréquemment rencontrés par les familles ayant rencontré des obstacles sont :
le manque de places disponibles (73 %) ;
la difficulté à accéder à un SGEE près du domicile ou du lieu de travail (54 %) ;
les coûts jugés trop élevés (35 %) ;
les horaires incompatibles avec l'emploi du temps (31 %).
Lors des séances de discussion, la majorité des familles a parlé d'un processus de recherche stressant, épuisant et décourageant. « Les différents chemins possibles pour trouver une place sont complexes. Ça crée beaucoup de stress », a raconté un parent. Les familles ont aussi parlé de l'imprévisibilité du processus, qui complique la planification familiale et celle du retour au travail.
Le service de garde éducatif à l'enfance idéal
Lorsque les parents sont questionnés à propos de leur service de garde idéal, leurs réponses bifurquent vers la qualité de l'encadrement, de l'environnement, de l'alimentation et de l'éducation.
« Pour la plupart des parents interrogés, l'accessibilité devrait aller de soi, alors leurs préoccupations profondes concernent la qualité éducative. C'est pour cette raison que, dans nos recommandations, l'accessibilité et la qualité des services de garde éducatifs à l'enfance devraient être indissociables. On ferait fausse route en créant plus de places au détriment de leur qualité », mentionne finalement Gabrielle Champagne.
Pour aller plus loin
Lire la consultation citoyenne
Par Amélie Cournoyer
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