Observatoire des tout-petits

Communiqué
9 septembre 2026

Perspective économique sur le développement des tout-petits : Investir tôt pour un Québec plus prospère

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Perspective économique sur le développement des tout-petits : Investir tôt pour un Québec plus prospère

Nouveau rapport thématique de l’Observatoire des tout-petits

Montréal, 9 septembre 2026 – À la veille du Débat électoral sur la petite enfance, l’Observatoire des tout-petits dévoile aujourd’hui son rapport Perspective économique sur le développement des tout-petits, qui aborde la petite enfance sous l’angle de l’utilisation efficiente des ressources publiques. Tout en rappelant que chaque enfant a des droits et que son bien-être a une valeur intrinsèque, indépendamment de toute considération économique, il révèle qu’investir en petite enfance permet non seulement de favoriser le développement des tout-petits, mais peut aussi contribuer à rendre le Québec plus prospère.

« Dès la grossesse, les expériences vécues par l’enfant et sa famille peuvent influencer sa trajectoire de vie. Investir dans des politiques, des programmes ou des services qui permettent aux tout-petits de profiter de conditions favorables à leur développement, c’est leur permettre de bâtir des fondations solides pour leurs futurs apprentissages. C’est non seulement profitable pour les tout-petits et les adultes qu’ils deviendront, mais c’est économiquement rentable pour le Québec. » souligne Julie Meloche, présidente du conseil d’administration de l’Observatoire des tout-petits.

Investir en petite enfance est par ailleurs considéré comme important tant par les experts que par la population québécoise : selon un récent sondage Léger conduit pour le compte de l’Observatoire, 94 % de la population québécoise considère qu’investir en petite enfance est un choix rentable pour la société. D’ailleurs, près de 9 Québécois sur 10 (88 %) considèrent que tous les partis politiques devraient faire de la petite enfance une priorité.

Investir dans la petite enfance pour un maximum de bénéfices

S’appuyant entre autres sur des données issues des sciences économiques, le rapport illustre le fait qu’il est collectivement avantageux d’investir en petite enfance. En effet, plus on intervient tôt en respectant les conditions de succès, plus les gains éducatifs, sociaux et fiscaux pour la société sont élevés. En d’autres termes, le rendement de chaque dollar investi est à son maximum durant la petite enfance. À l’inverse, les difficultés non résolues pendant la petite enfance ont des effets cumulatifs qui coûtent cher à la société. L’inaction a un prix.

Les investissements en petite enfance créent ainsi un effet domino. Par exemple, investir dans des services éducatifs de qualité ou dépister précocement les enjeux de développement peut favoriser la réussite éducative des enfants, ce qui contribue à augmenter les chances d’obtenir un diplôme et, par le fait même, un emploi. D’ailleurs, les données du recensement de 2021 montrent que détenir un diplôme, quel qu’il soit, améliore significativement l’accès au marché du travail. Ceci permet de meilleurs revenus pour les personnes et l’État, qui pourront par la suite être redistribués pour enrichir les actions en prévention ou pour consolider d’autres secteurs.

Le soutien financier direct aux familles constitue également un levier efficace pour réduire la pauvreté à court terme et atténuer ses effets immédiats sur le développement des tout-petits. Toutefois, il ne peut, à lui seul, corriger les causes à l’origine de la pauvreté et des inégalités socioéconomiques. La pauvreté est un phénomène multidimensionnel, alimenté par des facteurs structurels, tels que la précarité du marché du travail, les bas salaires, le coût élevé du logement et les discriminations. Ainsi, lutter efficacement contre la pauvreté exige des politiques complémentaires qui permettent d’agir sur ces facteurs structurels.

Des conditions gagnantes pour maximiser les retombées

La recherche montre toutefois qu’il ne suffit pas d’investir en petite enfance. Des conditions sont nécessaires pour en optimiser les retombées, tant pour le développement des enfants que pour les finances de l’État. Parmi celles-ci, le rapport soulève : la qualité des services offerts, la modulation de l’intensité de ceux-ci en fonction des besoins des tout-petits et de leur famille, leur accessibilité et la collaboration entre les différents secteurs responsables de ces services.

« Lorsque les réseaux comme la santé et les services sociaux, l’éducation, les services éducatifs et le milieu communautaire travaillent ensemble, le soutien est plus cohérent et plus efficient. Cela permet de mettre en place un réel filet de protection. Et la recherche le montre : les investissements en petite enfance produisent leurs meilleures retombées lorsqu’ils permettent de rejoindre les enfants qui en ont le plus besoin », mentionne Mme Meloche.

Des pistes de solutions pour rentabiliser les investissements

Le Québec dispose de diverses stratégies de prévention qui visent à orienter les actions pour la prochaine décennie. Leur efficacité repose toutefois sur la capacité des acteurs de terrain à les mettre en œuvre. Cela suppose que les ressources nécessaires soient disponibles. En effet, offrir des services de qualité et en assurer l’accessibilité nécessite avant tout un financement stable, récurrent et suffisant afin d’assurer la continuité des services, préserver l’expertise et ainsi éviter que des tout-petits passent entre les mailles du filet.

Le Québec peut aussi s’appuyer sur des acquis reconnus mondialement, comme le réseau de services de garde éducatifs à l’enfance et le Régime québécois d’assurance parentale (RQAP). Les optimiser pour les rendre plus efficients, en misant sur des forces telles que l’engagement de l’écosystème en petite enfance et l’expertise solide des personnes et des organisations, pourrait permettre d’en accroître les bienfaits sur les familles.

Enfin, l’accès aux données et l’évaluation des programmes sont des outils de bonne gouvernance qui permettent de guider l’allocation des ressources de l’État. Or, le Québec ne dispose pas toujours des données nécessaires pour évaluer rigoureusement l’implantation et l’efficience de ses politiques et de ses programmes destinés à la petite enfance. Cet accès gagnerait à être intégré dans les pratiques à tous les paliers d’action pour maximiser les retombées des investissements.

À propos de l’Observatoire des tout-petits (tout-petits.org)

L’Observatoire des tout-petits a pour mission de communiquer l’état des connaissances afin d’éclairer la prise de décision en matière de petite enfance au Québec, de sorte que chaque tout-petit ait accès aux conditions qui assurent le développement de son plein potentiel, peu importe le milieu où il naît et grandit.

L’Observatoire des tout-petits produit la Banque de données 0-5, qui rassemble plus de 180 indicateurs clés sur le développement, les conditions de vie et les environnements dans lesquels grandissent les tout-petits au Québec (tout-petits.org/donnees)

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Source : Observatoire des tout-petits

Renseignements :

Sandrine Gagné
Morin Relations Publiques
sandrine@morinrp.com
438 873-2909 (cell.)