Observatoire des tout-petits

	Un outil pour sensibiliser au trouble du spectre de l’alcoolisation fœtale
8 février 2021

Un outil pour sensibiliser au trouble du spectre de l’alcoolisation fœtale

L’Association pour la Santé publique du Québec (ASPQ) publie un outil pour sensibiliser au trouble du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF), un problème encore largement méconnu selon l'organisme. 

Le TSAF, c’est quoi?

Le trouble du spectre de l’alcoolisation fœtale est la conséquence de l’exposition prénatale à l’alcool. Le TSAF est la principale cause d’anomalies congénitales, de troubles du développement et de la déficience intellectuelle chez les enfants à naître. Ce trouble est, au Québec, l’un des troubles neurodéveloppementaux le moins dépisté malgré qu’il soit parmi les plus fréquents. Il est aussi largement méconnu par la moitié des Québécois, selon l’ASPQ. Une étude de l’OMS (2018) indique qu’il y aurait 2% à 3% des enfants atteints du TSAF.

Des données de sondage inquiétantes

Un sondage ASPQ-Léger, réalisé à l’été 2020 auprès de femmes enceintes ou ayant récemment accouché, indique que:

  • Les femmes enceintes de 18 à 24 ans ont davantage tendance à maintenir leur consommation d’alcool pendant la grossesse;
  • 28% des femmes enceintes ne connaissent pas le TSAF;
  • Dans près de 50% des cas, la question de la consommation d’alcool durant la grossesse n’est pas abordée avec le médecin, la sage-femme ou l’accompagnante à la naissance;
  • 8% des femmes enceintes ont indiqué avoir augmenté leur consommation d’alcool depuis le début du confinement.

Des recommandations pour mieux sensibiliser

Selon l’ASPQ, les femmes enceintes ne reçoivent pas de message clair et uniforme de la part des professionnels de la santé déconseillant de prendre de l’alcool pendant la grossesse. Voici quelques-unes de leurs recommandations destinées aux professionnels de la santé et aux élus ou gestionnaires. 

Pour les professionnels de la santé 

  • Informer et sensibiliser: les femmes enceintes, leur entourage et le grand public sur les risques de boire de l’alcool pendant la grossesse;
  • Utiliser l’avis de santé publique du MSSS sur la non consommation d’alcool durant la grossesse: «Si vous êtes enceintes ou planifiez le devenir, ne prenez aucun risque, ne prenez pas d’alcool.»
  • Faire preuve d’écoute, de délicatesse et d’empathie contribue à l’efficacité de ce message;
  • Impliquer davantage l’entourage des femmes enceintes afin de mieux les soutenir dans la non consommation d'alcool;
  • Offrir des ressources appropriées et facilement accessibles aux femmes enceintes qui ont besoin d’aide pour réduire ou arrêter leur consommation d’alcool.

Pour les élus et les gestionnaires

  • Fournir systématiquement une formation sur le TSAF dans les cursus des futurs professionnels de la santé et des services sociaux et auprès des ordres professionnels;
  • Outiller les professionnels de la santé sur le TSAF pour mieux prévenir (campagnes de sensibilisation, formations, etc.);
  • S’inspirer des meilleures pratiques de prévention évaluées et mises en place dans d’autres provinces.
    • Diffuser dans tous les lieux de vente d’alcool pour consommer sur place ou emporter, y compris dans les Sociétés des alcools du Québec, des messages liés à la non consommation d’alcool durant la grossesse;
    • Utiliser un éventail de plateformes médiatiques pour communiquer ces messages;
    • Imposer aux fabricants, par exigence législative, d’apposer des étiquettes améliorées sur les contenants d’alcool comportant des messages sur la non consommation d’alcool pendant la grossesse.

Pour aller plus loin

Visualiser l’infographie TSAF : en parler pour mieux afin de l’ASPQ

En savoir plus sur le trouble du spectre de l'alcoolisation foetale
Consulter les Pratiques gagnantes pour sensibiliser aux risques liés à l'exposition prénatale à l'alcool
En savoir plus sur l’ASPQ

Par Elise Tardif-Turcotte

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