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	Le Réseau pour un Québec famille réclame un meilleur accès aux services pour les parents
5 juin 2017

Le Réseau pour un Québec famille réclame un meilleur accès aux services pour les parents

Marie Rhéaume et Raymond Villeneuve du Réseau pour un Québec Famille réagissent à notre dossier sur la maltraitance et réclament un meilleur accès aux services pour les parents.

Lettre ouverte

Ainsi donc, le Québec connaît une augmentation des signalements de maltraitance envers les très jeunes enfants, selon une étude dévoilée par l'Observatoire des tout-petits. Pour tous ceux qui, comme nous, aiment à croire que le Québec est « fou de ses enfants », ce genre de nouvelle cause un choc et nous amène à réfléchir aux solutions à mettre en place pour mieux protéger nos enfants, mais également, et c'est tout aussi important, pour mieux accompagner les parents lorsqu'ils traversent des situations difficiles.

Pendant la Semaine québécoise des familles qui s'est déroulée du 15 au 21 mai dernier, le Réseau pour un Québec famille a tenu un colloque dont le thème était « donner la parole aux familles ». Des spécialistes et intervenants de tous les milieux concernés par les services aux familles ont pu assister à cinq (5) groupes de discussion réunissant des parents d'enfants de tous âges et vivant des situations diverses.

Le constat fut brutal.

Presque unanimement, ces parents ont expliqué qu'ils se sentaient souvent largués par un système qui ne réussit plus à fournir des services aux familles lorsque celles-ci en ont besoin.

Selon plusieurs des témoignages entendus, obtenir une évaluation pour un enfant qui montre des signes de troubles de déficit de l'attention (TDAH) peut prendre 18, voire 24 mois. Ou alors il faut payer des milliers de dollars pour l'obtenir dans le secteur privé. Et même une fois cette évaluation confirmée, cela ne veut pas dire qu'ils auront accès à des services pour autant.

Un père a expliqué avoir tenté d'obtenir du soutien psychologique pour son enfant qui semblait vivre une dépression. On lui a répondu à mots à peine couverts qu'il était impossible d'offrir un suivi, à moins que son enfant n'ait clairement exprimé des idées suicidaires. Or, le père cherchait justement à éviter d'en arriver là.

Une mère, dans un moment émouvant, a même confié qu'elle avait déjà contacté la DPJ pour qu'on l'aide avec son enfant aux prises avec des troubles graves de comportement. La démarche s'est retournée contre elle, car la DPJ a plutôt choisi d'ouvrir un signalement­ à son sujet.

Dans ce contexte, les parents n'ont souvent même plus le réflexe de chercher de l'aide, convaincus que le système ne pourra les aider. Non pas qu'ils doutent de l'engagement des professionnels qui travaillent d'arrache-pied pour fournir les services ; ils ont tout simplement l'impression qu'ils n'y auront pas accès.

Les parents sont cependant résilients. Ils ne demandent pas la lune. Ils sont prêts à faire de nombreux sacrifices pour donner toutes les chances à leur enfant de s'épanouir. Tout ce qu'ils souhaitent, c'est qu'il y ait une porte où cogner lorsque les choses ne se passent pas selon le scénario idéal.

Et qu'il y ait quelqu'un de l'autre côté qui ouvre cette porte.

Raymond Villeneuve et Marie Rhéaume,

respectivement président et directrice générale du Réseau pour un Québec Famille